SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
OUTRE-MER
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
OUTRE-MER
DES OUTRE-MER RECONNUES
Les Outre-mer ne constituent pas un bloc uniforme situé à distance de l’Hexagone. Entre les Antilles, la Guyane continentale, l’océan Indien, les archipels du Pacifique ou Saint-Pierre-et-Miquelon, les réalités démographiques, économiques, climatiques et institutionnelles sont profondément différentes. Certains territoires doivent rattraper des infrastructures essentielles, d’autres lutter contre le vieillissement ou l’exode de leur jeunesse, d’autres encore reconstruire une économie fragilisée ou maintenir des services publics entre des îles séparées par plusieurs centaines de kilomètres.
Ils rencontrent pourtant plusieurs difficultés communes. L’éloignement renchérit les marchandises et les infrastructures, l’accès aux soins et aux services publics reste plus difficile dans certains territoires et la dépendance aux importations expose directement les populations aux ruptures logistiques. Les écarts de prix avec l’Hexagone atteignaient en 2022 environ 16 % en Guadeloupe, 14 % en Martinique et en Guyane, 9 % à La Réunion et près de 31 % en Polynésie française comme en Nouvelle-Calédonie.
L’égalité républicaine ne signifie donc pas employer partout les mêmes outils. Elle signifie garantir partout l’accès aux fonctions essentielles (eau, santé, éducation, sécurité, énergie, mobilité ou encore communications) puis adapter les moyens à la géographie, aux institutions et aux capacités de chaque territoire. La Guyane n’a pas besoin des mêmes infrastructures que la Polynésie française, pas davantage que Mayotte ne peut suivre la même trajectoire que Saint-Pierre-et-Miquelon.
Souveraineté & Progrès préservera également les institutions propres lorsque celles-ci répondent à l’histoire et au statut du territoire. L’État pourra investir davantage sans reprendre les compétences locales. L’autonomie ne devra pas devenir un motif de désengagement national, pas plus que la solidarité nationale ne devra servir de prétexte à une recentralisation.
La politique ultramarine cherchera enfin à sortir de la succession des plans d’urgence. L’investissement sera concentré sur ce qui réduit durablement les fragilités : réseaux d’eau, transports, énergie, infrastructures publiques, formation, capacités productives et adaptation climatique. Le développement des territoires devra davantage s’appuyer sur leurs ressources, leur environnement régional et leurs propres compétences.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ ATLANTIQUE, CARAÏBES ET AMÉRIQUES
GUADELOUPE : RÉPARER LES INFRASTRUCTURES ET RÉDUIRE LES DÉPENDANCES
La priorité sera donnée à l’eau : 650 à 850 millions d’euros seront programmés pour les réseaux, la production, le stockage et l’assainissement, avec un retour à un accès fiable visé en huit ans puis deux années de sécurisation. La cartographie du chlordécone sera achevée et un parcours sanitaire et indemnitaire renforcé sera financé pour les victimes. La lutte permanente contre les sargasses sera structurée, tandis que la suppression de l’octroi de mer permettra d’alléger certaines importations essentielles sans laisser les collectivités perdre leurs ressources.
MARTINIQUE : CONSOLIDER L’AUTONOMIE ET PRÉPARER LE VIEILLISSEMENT
La Collectivité territoriale de Martinique conservera ses institutions et ses compétences propres. L’eau bénéficiera d’une programmation de 300 à 400 millions d’euros sur dix ans, tandis que la prise en charge du chlordécone associera analyses, suivi médical et indemnisation. La politique sanitaire et sociale sera davantage orientée vers le vieillissement, avec maintien à domicile et développement ciblé des capacités médico-sociales.
SAINT-MARTIN ET SAINT-BARTHÉLEMY : MUTUALISER SANS FUSIONNER
Les deux collectivités resteront politiquement distinctes mais partageront une même organisation territoriale de l’État. Les liaisons maritimes seront renforcées afin que travailleurs, étudiants, professionnels de santé et patients puissent circuler plus facilement entre les îles. Les hôpitaux fonctionneront davantage en réseau, la gestion de certaines filières de déchets pourra être mutualisée et l’économie sera diversifiée autour du nautisme, du numérique et des services, sans remettre en cause les compétences fiscales propres de chaque collectivité.
GUYANE : ÉQUIPER UN TERRITOIRE EN FORTE CROISSANCE
La Guyane bénéficiera de 1 à 1,35 milliard d’euros d’effort territorial supplémentaire sur dix ans. Les priorités seront les réseaux d’eau, les nouvelles capacités scolaires et le désenclavement, avec des solutions différentes pour le littoral et les communes isolées. Le programme ARGOS renforcera la surveillance des frontières et la lutte contre les filières d’orpaillage illégal. Kourou restera une infrastructure stratégique nationale et un programme complémentaire cherchera à développer davantage d’activités spatiales, de recherche et de formation autour du site.
Pour l’eau seule, 400 à 550 millions d’euros seront programmés, avec des unités locales de potabilisation lorsque des villages isolés ne peuvent raisonnablement être raccordés à un réseau classique.
SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON : S’APPUYER DAVANTAGE SUR LE CANADA
Le territoire conservera son statut et ses institutions. Plutôt que reproduire localement tous les équipements, SP renforcera la coopération avec le Canada atlantique dans la santé, la formation, la recherche, l’énergie et les transports. La relocalisation de Miquelon face aux risques côtiers sera accélérée, la pêche devra être davantage transformée localement et les renouvelables réduiront progressivement la dépendance aux hydrocarbures. L’effort territorial supplémentaire est estimé entre 90 et 145 millions d’euros sur dix ans.
→ OCÉAN INDIEN ET TERRES AUSTRALES
Le Réunion Express deviendra l’infrastructure structurante des déplacements : environ 140 kilomètres de voie ferrée, près de 25 stations et un potentiel de 100 000 voyageurs quotidiens. La programmation centrale se situe autour de 5 milliards d’euros sur dix ans. Les futurs logements et services seront davantage concentrés autour des pôles de transport afin de limiter l’étalement et protéger le foncier agricole. Port Réunion 2040 complétera cette stratégie en développant logistique, réparation navale, transformation et économie maritime.
MAYOTTE : ACHEVER LE RATTRAPAGE DES SERVICES ESSENTIELS
SP ne remplacera pas les programmes engagés après Chido par un nouveau plan portant un autre nom. Leur réalisation sera auditée puis achevée en donnant la priorité à l’école, la santé, l’eau et l’assainissement, avant les autres équipements. En mai 2026, plus de 1 700 classes restaient notamment à construire pour répondre aux besoins scolaires. Le Plan Eau de 730 millions d’euros sera poursuivi et l’objectif d’accès continu à l’eau devra être atteint bien avant l’échéance nationale de dix ans.
La surveillance maritime et les moyens contre les filières de passeurs seront parallèlement renforcés, sans réduire la pression démographique mahoraise à la seule question migratoire.
TERRES AUSTRALES ET ANTARCTIQUES FRANÇAISES : RENFORCER SCIENCE, LOGISTIQUE ET SOUVERAINETÉ
Les TAAF n’ont pas besoin d’une politique sociale comparable aux territoires habités. Leur importance repose sur la recherche, la biodiversité, les espaces maritimes et la présence française. SP sécurisera le renouvellement de la chaîne logistique, préparera le successeur du Marion Dufresne, renforcera les équipements scientifiques et maintiendra une surveillance maritime capable de protéger ces espaces. Les Terres et mers australes françaises inscrites à l’UNESCO représentent à elles seules plus de 1,66 million de km².
→ PACIFIQUE
POLYNÉSIE FRANÇAISE : RÉÉQUILIBRER LES ARCHIPELS ET ASSUMER LE FAIT NUCLÉAIRE
L’autonomie du Pays sera maintenue : l’État financera ses propres responsabilités et pourra soutenir les communes sans reprendre les compétences polynésiennes. Un effort national supplémentaire de 480 à 760 millions d’euros sur dix ans sera consacré notamment à l’eau, l’assainissement, les routes, l’énergie et la résilience des archipels, avec une priorité aux îles éloignées. La reconnaissance du fait nucléaire associera indemnisation, suivi sanitaire, mémoire et archives.
La Polynésie accueillera également prioritairement des drones longue portée destinés à la surveillance du vaste espace maritime français dans le Pacifique.
Entre 600 et 950 millions d’euros accompagneront la reconstruction économique et les infrastructures, au moyen de conventions passées avec les institutions calédoniennes. L’État pourra financer fortement sans décider à leur place dans les domaines relevant de leur autonomie. La filière nickel fera l’objet d’une politique spécifique : prêts, garanties et participations pourront financer la modernisation industrielle, la baisse du coût énergétique et de nouveaux débouchés, mais pas couvrir indéfiniment les pertes d’exploitation.
WALLIS-ET-FUTUNA : GARANTIR LES SERVICES ET DÉSENCLAVER FUTUNA
L’organisation institutionnelle et coutumière sera conservée, sans imposer artificiellement communes ou intercommunalités. La priorité sera donnée à l’eau, à la santé, à la liaison entre Wallis et Futuna, au numérique et à l’énergie. À Futuna, où une partie de la population dépend encore d’une eau brute stockée, la potabilisation intégrale de l’alimentation en eau devra intervenir rapidement. L’objectif sera également que les jeunes qui partent se former puissent réellement revenir lorsqu’un emploi existe.
LA PASSION-CLIPPERTON : UNE PRÉSENCE SCIENTIFIQUE PLUTÔT QU’UNE BASE PERMANENTE
SP ne construira pas de base habitée permanente sans justification scientifique ou stratégique. Des campagnes scientifiques significatives seront organisées au moins tous les deux à trois ans, accompagnées de capteurs autonomes entre les missions et des passages réguliers de souveraineté. Des drones longues portées pourront participer à la surveillance de la zone économique exclusive d’environ 400 000 km², tandis que les missions intégreront protection des écosystèmes et collecte des déchets lorsque cela est possible.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
100%
D'ACCÈS EN EAU POTABLE
POUR TOUS LES OUTRE-MER
EN 10 ANS
10
MILLIARDS D'EUROS
D'INVESTISSEMENT EN 10 ANS
POUR LES OUTRE-MER
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LES OUTRE-MER
≈ 10 milliards d'euros sur 10 ans d'effort territorial supplémentaire.
La programmation se situe entre 8 et 12 milliards d’euros supplémentaires sur dix ans, soit environ 800 millions à 1,2 milliard d’euros par an. Elle finance principalement les infrastructures, l’eau, les transports, la résilience et les besoins propres à chaque territoire.
À côté de cet effort, environ 16,4 milliards d’euros sur dix ans de recettes aujourd’hui issues de l’octroi de mer devront continuer à être garantis aux collectivités après sa suppression. Ce montant n’est pas une nouvelle dépense nette : il remplace une ressource locale existante. Les investissements nationaux en santé, éducation, logement, défense, recherche ou agriculture restent également comptabilisés dans leurs dossiers respectifs pour éviter tout double compte.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
ZÉRO OUTRE-MER SANS EAU POTABLE EN DIX ANS
L’accès à l’eau potable constituera une garantie nationale. Dans dix ans au plus tard, aucun territoire ultramarin habité ne devra rester durablement privé d’une eau conforme, disponible et fiable. Dix ans constituera un plafond : lorsqu’une crise peut être résolue auparavant, elle devra l’être.
Il n’existera pas pour autant une infrastructure type imposée à tous les territoires. La politique couvrira la totalité de la chaîne : captage, potabilisation, dessalement lorsque celui-ci est pertinent, stockage, réseaux, réduction des fuites, assainissement et alimentation de secours. L’État apportera les financements lourds et l’ingénierie sans retirer aux autorités locales leurs compétences.
En Guadeloupe, le problème principal est celui d’un réseau dont le rendement n’atteignait que 40 % en 2023. La programmation de 650 à 850 millions d’euros visera un accès fiable en huit ans avant de sécuriser les installations et leurs redondances.
En Martinique, 300 à 400 millions d’euros seront programmés pour renouveler les réseaux, sécuriser les ressources, améliorer le stockage et traiter les secteurs d’assainissement critiques. L’organisation restera sous responsabilité martiniquaise, l’État intervenant comme financeur stratégique.
En Guyane, 400 à 550 millions d’euros permettront à la fois d’étendre les réseaux du littoral et de créer des solutions autonomes dans les villages isolés. Une petite unité locale de potabilisation pourra être beaucoup plus pertinente qu’une canalisation de plusieurs centaines de kilomètres.
À Mayotte, l’urgence est encore plus immédiate. Le Plan Eau de 730 millions d’euros déjà engagé sera poursuivi jusqu’à sa réalisation. L’objectif de dix ans ne justifiera jamais le maintien pendant une décennie des tours d’eau actuels.
Dans les archipels du Pacifique, les techniques changeront encore : retenues, citernes, dessalement, protection des nappes ou petites unités adaptées à des populations dispersées. En Polynésie française, les financements nationaux aux communes seront renforcés ; à Futuna, la potabilisation complète constituera une priorité.
Cette politique résume la doctrine ultramarine de Souveraineté & Progrès : une garantie identique pour tous les citoyens, mais aucune obligation d’utiliser partout la même solution.
Des Outre-Mer reconnues dans leur histoire, leurs institutions et leur géographie.
Les Outre-mer ne doivent plus être considérés comme des périphéries
que la République aide ponctuellement lorsqu’une crise surgit.
Leur appartenance nationale implique des infrastructures solides, une continuité réelle
et un État capable d’investir durablement tout en respectant les institutions et l'histoire de chaque territoire.