SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
DÉFENSE
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
DÉFENSE
MODERNISER LA DÉFENSE
Le retour de la guerre de haute intensité en Europe et le durcissement des rapports de force internationaux ont profondément changé la question militaire. En 2025, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars, soit leur onzième année consécutive de hausse et une progression de 41 % en dix ans. L’Europe a, à elle seule, augmenté son effort de 14 % en une année. La France demeure une puissance militaire de premier plan : elle figurait encore au 9e rang mondial des dépenses militaires en 2025, avec 68 milliards de dollars selon le SIPRI.
Mais une armée ne se mesure pas uniquement au montant de son budget. Elle se mesure à sa capacité à faire face lorsque survient une crise : disposer de matériels disponibles, produire suffisamment vite, maintenir ses stocks, surveiller ses espaces, projeter des forces et continuer à agir si un allié refuse son soutien. C’est précisément là que subsistent plusieurs fragilités françaises. Après des décennies construites autour d’une guerre courte, d’une forte coopération avec nos alliés et d’une industrie travaillant largement en flux tendus, la question de l’endurance redevient aussi importante que celle de la technologie. La guerre en Ukraine a rappelé qu’un système d’armes extrêmement performant perd rapidement sa valeur lorsque les munitions, les pièces ou les capacités industrielles ne suivent plus.
Cette question se pose également pour la liberté d’action française. La France possède une dissuasion indépendante et conserve des capacités militaires complètes, mais son organisation reste en partie liée à des architectures d’alliance otanienne et à une présence extérieure héritée d’époques différentes. Son modèle de projection concentre par ailleurs une part importante de ses moyens autour du groupe aéronaval, tandis que l’immensité de ses espaces ultramarins impose une présence beaucoup plus durable. La souveraineté militaire ne consiste donc pas seulement à posséder des armes françaises, elle suppose de pouvoir choisir seule une opération, disposer des moyens nécessaires pour la conduire et être capable de la poursuivre dans le temps.
Souveraineté & Progrès propose ainsi de reconstruire la défense autour de l’autonomie stratégique plutôt que de la seule accumulation des crédits. La France retrouvera une doctrine de non-alignement, réorganisera sa présence extérieure et substituera progressivement au modèle concentré du futur porte-avions une capacité de projection plus répartie. Dans le même temps, elle reconstruira la profondeur industrielle indispensable aux conflits longs et développera ses propres capacités aériennes de surveillance et de frappe stratégique. Cette transformation ne peut enfin réussir sans les militaires eux-mêmes : améliorer leurs conditions de service fait partie intégrante de la capacité opérationnelle d’une armée.
Une armée souveraine n’est pas celle qui peut tout faire seule en permanence. C’est celle qui ne dépend de personne pour décider si elle doit agir.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ RETROUVER NOTRE LIBERTÉ STRATÉGIQUE
SORTIR DE L’OTAN ET RETROUVER NOTRE LIBERTÉ DE DÉCISION
SP sortira immédiatement la France du commandement intégré de l’OTAN, avant une sortie complète de l’Alliance à horizon 5 ans. L’objectif n’est pas de rompre avec les États-Unis ou les pays européens, mais de supprimer tout automatisme susceptible de contraindre l’engagement des forces françaises. La France continuera de coopérer avec ses partenaires lorsque ses intérêts convergent avec les leurs, mais la décision de combattre, de rester ou de se retirer appartiendra exclusivement à la France.
REPOSITIONNER LA PRÉSENCE MILITAIRE FRANÇAISE
Souveraineté & Progrès mettra fin à la dispersion des implantations extérieures héritées pour concentrer les moyens français sur les positions présentant une utilité stratégique réelle. Toute présence permanente à l’étranger devra désormais reposer sur un accord bilatéral transparent, réversible et bénéfique aux deux États. Djibouti sera ainsi conservé comme hub allégé de 600 à 800 militaires, tandis que plusieurs implantations devenues moins utiles seront réduites ou fermées. Dans la seule zone Afrique–Mer Rouge–Moyen-Orient, cette rationalisation doit ramener les dépenses d’environ 450 millions d’euros par an, tout en renforçant parallèlement la protection des Outre-mer.
FIN DU PORTE-AVIONS : CONSTRUIRE UNE PUISSANCE DE PROJECTION DISTRIBUÉE
SP renoncera au futur porte-avions nucléaire après le retrait du Charles de Gaulle et répartira ses fonctions entre plusieurs moyens complémentaires. La France disposera à terme de 6 porte-hélicoptères amphibies, contre trois actuellement, capables d’intervenir simultanément sur plusieurs zones, tandis qu’un 5e SNLE de nouvelle génération renforcera la résilience de la dissuasion océanique. Cette force de projection sera complétée par une flotte de bombardiers furtifs stratégiques, capables de mener des frappes conventionnelles. Ce modèle assume une limite : il ne reproduira pas exactement la puissance aérienne d’un groupe aéronaval, mais réduira la dépendance à une plateforme unique.
→ MAÎTRISER NOS PROPRES MOYENS DE PUISSANCE
Souveraineté & Progrès développera un programme de bombardier furtif stratégique français capable d’assurer les missions de pénétration et de frappe à très longue distance dans la nouvelle architecture de projection. Le programme prévoit 3 appareils opérationnels et 1 prototype, avec une capacité conventionnelle et une participation à la composante aéroportée de la dissuasion. SYBILLE sera conçu, exploité et commandé exclusivement par la France, sans version export. Son enveloppe de programmation est évaluée entre 10 et 15 milliards d’euros sur quinze ans.
La France possède des territoires et des espaces maritimes immenses sans disposer aujourd’hui d’une flotte souveraine de drones de très longue endurance permettant de les surveiller durablement. HERA sera un drone français destiné à la surveillance maritime, au renseignement et, lorsque nécessaire, à la frappe conventionnelle à distance. La flotte comprendra 10 appareils, capables de rester en vol au moins 35 heures, principalement déployés depuis les territoires ultramarins.
→ ÊTRE CAPABLE DE TENIR DANS LA DURÉE
Avant de penser uniquement aux équipements futurs, SP veut remettre en état ceux que les armées possèdent déjà. Dès les cent premiers jours, 500 millions d’euros déjà inscrits dans la hausse des crédits de maintenance seront sanctuarisés pour accélérer les réparations et reconstituer les stocks de pièces les plus critiques. L’objectif est notamment de rendre opérationnels plusieurs appareils aériens et de remettre en service 300 à 500 véhicules terrestres dès les cent premiers jours, avant de prolonger l’effort sur douze mois.
PRODUIRE, STOCKER ET GARANTIR LA DISSUASION
SP fera de la capacité à durer une doctrine permanente de défense. Les stocks devront permettre de soutenir six mois d'engagement de haute intensité, puis douze mois supplémentaires à intensité partielle, pendant que l’industrie augmente sa production. La France reconstruira parallèlement les filières abandonnées, notamment les armes légères et l’ensemble de la chaîne des munitions correspondantes, tandis que les commandes nationales deviendront prioritaires en période de crise. La dissuasion restera fondée sur la suffisance et non sur une course quantitative aux armements nucléaires.
Une armée souveraine repose aussi sur celles et ceux à qui la Nation demande disponibilité, mobilité et exposition au danger. SP instaurera notamment une prime d’incorporation pouvant atteindre 1 500 euros, généralisera la prise en charge directe des frais de mission et renforcera l’accompagnement des familles lors des mutations. L’ensemble de cette politique représentera environ 68 millions d’euros supplémentaires par an, soit une dépense très limitée à l’échelle du budget de la Défense mais directement perceptible par les personnels.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
6
PORTE-HÉLICOPTÈRES
AMPHIBIES
POUR UNE PROJECTION
PLUS DISTRIBUÉE
10
DRONES HALE "HERA"
POUR SURVEILLER
DURABLEMENT
LES GRANDS ESPACES FRANÇAIS
100
JOURS POUR LANCER
LA REMISE EN ÉTAT
DES MATÉRIELS PRIORITAIRES
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LE RENSEIGNEMENT ET LA CYBERSÉCURITÉ
≈ 2,6 milliards d'euros d’effort public supplémentaire moyen prévu par SP pendant la transformation du modèle militaire, après réaffectation des 8 à 10 milliards d’euros initialement destinés au futur porte-avions. Le
budget annuel moyen passerait ainsi d’une base de programmation d’environ 59 milliards à 61,6 milliards d’euros.
≈+ 0,1 point de PIB. La France se situait autour de 2,04 % du PIB consacré à la défense en 2025 ; l’ordre de grandeur SP conduirait donc à environ 2,1–2,15 %
La Défense représentera un effort supplémentaire moyen de 2,1 à 3,2 milliards d’euros par an, portant le budget consacré à la transformation militaire autour de 61 à 62 milliards d’euros annuels. Cette programmation financera prioritairement la reconstruction des stocks et des capacités industrielles, la disponibilité des matériels et la mise en place d’un modèle de projection plus autonome et plus résilient. Une partie importante de l’effort sera compensée par l’abandon du futur porte-avions et par la rationalisation de la présence militaire française à l’étranger.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
PROJET "SYBILLE"
La France dispose aujourd’hui d’une aviation de combat performante et d’une composante nucléaire aéroportée crédible. Mais la projection aérienne française à très longue distance dépend encore largement des Rafale, de leur ravitaillement et, pour certaines opérations lointaines, de la possibilité de rapprocher des appareils du théâtre concerné. La disparition programmée de l’aviation embarquée après le retrait du Charles de Gaulle renforcera cette contrainte. Souveraineté & Progrès considère donc que l’abandon du futur porte-avions doit être accompagné d’une nouvelle capacité permettant à la France de frapper à très longue distance depuis son propre territoire, sans concentrer une part majeure de sa puissance sur une plateforme navale unique.
SP lancera ainsi le projet SYBILLE, un bombardier furtif stratégique entièrement placé sous commandement français. Le programme comprendra trois appareils opérationnels et un prototype dédié aux essais et aux évolutions technologiques. SYBILLE disposera d’un rayon d’action supérieur à 4 000 kilomètres sans ravitaillement et d’une allonge intercontinentale grâce aux avions ravitailleurs MRTT. Il pourra intervenir depuis la métropole comme depuis les bases françaises ultramarines, ce qui permettra de varier les axes d’approche et de disperser la capacité stratégique française.
SYBILLE ne remplacera ni le Rafale, ni les porte-hélicoptères, ni les sous-marins nucléaires. Sa fonction sera beaucoup plus précise : pouvoir pénétrer plus profondément dans des espaces fortement défendus et délivrer un armement conventionnel ou nucléaire à très longue distance. Il renforcera ainsi la composante aéroportée de la dissuasion sans créer une nouvelle composante nucléaire autonome. Les missions conventionnelles resteront possibles, mais la décision de frappe demeurera intégralement humaine et exclusivement française, aucune intelligence artificielle ou organisation alliée ne pouvant autoriser l'emploi d'un armement.
Le développement sera progressif afin de ne pas créer de rupture capacitaire. Les premières études seront engagées dès le début du mandat, avant la réalisation d’un démonstrateur puis d’un prototype. Une première capacité opérationnelle est envisagée autour de T+12, avec une flotte complète à T+15. Le programme représentera entre 10 et 15 milliards d’euros, comprenant le développement, les quatre appareils, les infrastructures nécessaires et un armement stratégique spécifiquement adapté.
Souveraineté & Progrès ne présente donc pas SYBILLE comme un « nouveau porte-avions volant ». Le projet s’inscrit dans une architecture beaucoup plus large où la surveillance, la présence maritime, la frappe aérienne et la dissuasion sont volontairement réparties entre plusieurs moyens. L’objectif est de faire de la distance un avantage plutôt qu’une dépendance et de garantir que la France conserve une capacité d’action stratégique même lorsqu’aucune base étrangère et aucun allié ne peuvent ou ne souhaitent lui apporter leur concours.
Avec SYBILLE, la France doit pouvoir frapper loin sans avoir besoin de rapprocher toute sa puissance de la menace.
Une défense qui répond aux défis du XXIe siècle.
Pour Souveraineté & Progrès, la défense est la garantie matérielle de la liberté politique.
Une Nation ne peut être pleinement souveraine si elle dépend d’un autre État pour produire ses armes,
protéger son territoire ou décider de l’emploi de ses forces.
La France doit disposer d’une armée capable d’agir lorsqu’elle le décide,
mais surtout de tenir suffisamment longtemps pour que cette liberté de décision reste réelle.
La puissance militaire n’a pas vocation à imposer la guerre.
Elle doit donner à la République les moyens de ne jamais se la faire imposer.