SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
REFORME DES PRESTATIONS SOCIALES
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
REFORME DES PRESTATIONS SOCIALES
DES PRESTATIONS SOCIALES UNIFIÉES
La France dispose d’un système de protection sociale très développé. Mais au fil des décennies, les prestations se sont accumulées selon les publics, les situations et les administrations qui les gèrent. Une même personne peut relever de plusieurs aides, calculées selon des règles différentes, avec des démarches et des conditions qui se superposent.
Cette complexité finit par affaiblir la protection qu’elle devait assurer. Certains citoyens ne demandent pas une prestation à laquelle ils ont droit. D’autres subissent des ruptures lorsqu’ils changent de situation. Des dispositifs différents financent parfois des besoins proches, tandis que certaines aides continuent de dépendre des ressources du conjoint alors qu’elles sont censées protéger une personne.
Souveraineté & Progrès veut simplifier les prestations sociales en regroupant les aides qui se chevauchent, en supprimant les doublons et en harmonisant les règles de calcul. Certaines prestations seront conservées mais refondues, d’autres seront regroupées dans une aide unique. L’objectif est d’avoir moins de dispositifs, des démarches plus simples et des droits plus lisibles.
Les droits personnels seront davantage individualisés. Le revenu d’un conjoint ne supprimera plus automatiquement le minimum social, le revenu senior ou la compensation versée à un aidant. L’aide au logement restera en revanche calculée à l’échelle du foyer, puisqu’elle finance une charge commune.
Les droits seront également ouverts automatiquement lorsque l’administration possède déjà les informations nécessaires. Les Maisons France Services resteront accessibles lorsqu’une situation nécessite une explication, une évaluation humaine ou un recours. Le non-recours ne devra plus résulter de la seule complexité administrative.
Cette refonte ne consiste donc pas à ajouter dix nouvelles prestations aux anciennes. Elle fusionne, remplace et réaffecte une grande partie des dépenses existantes. Au bout de cinq ans, environ 186 milliards d’euros de prestations seront gérés dans cette nouvelle architecture, mais l’effort public réellement supplémentaire est estimé à environ 2,5 milliards d’euros par an.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ GARANTIR LES PRESTATIONS À CHAQUE ÉTAPE DE LA VIE
RÉUNIR LE RSA, LA PRIME D’ACTIVITÉ ET LES MINIMA DE REVENU LIÉS AU HANDICAP
Le RSA deviendra le revenu minimal général des adultes en âge de travailler. Il absorbera le RSA actuel, la prime d’activité, certaines aides de subsistance destinées aux jeunes adultes et, pour leur fonction de garantie de revenu, l’AAH, l’ASI et leurs compléments. Les dépenses directement liées au handicap et à la perte d’autonomie resteront prises en charge séparément par l’APA renforcée.
Sans activité, le RSA sera fixé à 600 € par mois pendant deux ans, puis 550 € pendant deux années supplémentaires et 500 € au-delà. Lorsqu’une personne travaillera, il complétera progressivement son salaire avant de s’éteindre autour de 1,2 SMIC. Les droits seront individualisés : les revenus du conjoint n’entreront plus dans le calcul du revenu personnel.
REFONDER L’ASSURANCE CHÔMAGE AUTOUR DU TRAVAIL ACCOMPLI
L’Allocation d’aide au retour à l’emploi sera conservée, mais ses règles seront entièrement refondues. Le montant et la durée de l’indemnisation dépendront principalement de la durée du dernier emploi, du salaire brut moyen et de la cause de la rupture. Les emplois courts ouvriront des droits proportionnels à la durée travaillée. Après plus de trois ans auprès du même employeur, une perte d’emploi entièrement subie ouvrira droit à 80 % du salaire brut moyen pendant douze mois, puis 40 % pendant une seconde période pouvant atteindre douze mois. Les ruptures négociées ou disciplinaires ouvriront des droits plus limités. La reconversion vers une formation reconnue permettra de maintenir le taux de première période pendant toute la durée de la formation, y compris pour les formations durant plusieurs années, comme les Master.
RÉUNIR LES AIDES ÉTUDIANTES ET LE LOGEMENT
Un Revenu Étudiant Universel (REU) regroupera les bourses étudiantes de subsistance, les aides au logement versées aux étudiants, certaines aides du CROUS et les aides territoriales redondantes. Les dépenses directement liées à la formation resteront financées séparément par le dispositif STUDIUM (cf thématique "Éducation et formation").
Le REU sera accessible aux étudiants éligibles à partir d’un socle de 100 € par mois et pourra atteindre 1 050 € dans les situations les plus difficiles. Son montant tiendra compte des ressources et du coût de la vie dans le territoire d’études. Les dispositifs absorbés représentent aujourd’hui environ 5,1 à 5,4 milliards d’euros par an. La réforme nécessitera environ 2 à 3 milliards d’euros supplémentaires par an.
GARANTIR UN REVENU PERSONNEL AUX SENIORS
Un Revenu Senior Garanti (RSG) remplacera l’ASPA et les anciens dispositifs du minimum vieillesse. Il complétera les pensions et autres ressources personnelles afin de garantir 1 100 € nets par mois à chaque senior éligible. Le RSG sera individuel, automatique et non récupérable sur succession. Les revenus du conjoint ne seront pas pris en compte. Il ne remplacera ni la pension de retraite, ni la pension de réversion, ni l’aide au logement, ni les aides liées à la perte d’autonomie. Son individualisation et son automatisation représenteront un effort supplémentaire d’environ 9 milliards d’euros par an à pleine montée en charge.
→ SOUTENIR LES ENFANTS, LES FAMILLES ET LE LOGEMENT
Une Allocation Enfant Universelle (AEU) remplacera les allocations familiales, le complément familial, la fonction de soutien familial direct de la PAJE, l’allocation de rentrée scolaire ainsi que le quotient familial et les parts fiscales supplémentaires liées aux enfants. Les aides régionales ou départementales poursuivant le même objet disparaîtront progressivement avec la réforme territoriale. Chaque enfant ouvrira droit à 300 € par mois jusqu’à 3 ans. À partir de 3 ans, chacun des trois premiers enfants ouvrira droit à 150 € par mois, puis 100 € à partir du quatrième. La prime de naissance de 1 000 € sera maintenue sous condition de revenus. L’AEU coûtera environ 32,4 milliards d’euros par an, contre 41 à 43 milliards consacrés aujourd’hui aux prestations et avantages qu’elle remplacera.
REGROUPER LES AIDES POUR LA GARDE ET AUX SERVICES FAMILIAUX
Le dispositif FAMILIA remplacera le Complément de libre choix du mode de garde, le crédit d’impôt pour les frais de garde des enfants de moins de 6 ans et la partie du crédit d’impôt pour l’emploi à domicile correspondant aux services familiaux essentiels. Les fonctions de déclaration et de paiement du CESU et de Pajemploi seront intégrées au même circuit.
La part publique sera directement payée au professionnel ou à la structure. Le foyer ne réglera que son reste à charge, calculé selon ses revenus et son territoire. FAMILIA financera notamment la garde d’enfants et certains services essentiels du foyer, tandis que les prestations de confort sortiront du périmètre financé. Le dispositif mobilisera environ 14 à 15,6 milliards d’euros par an, contre environ 16,2 milliards pour les mécanismes qu’il remplacera.
UNIFIER LES AIDES AU LOGEMENT
Une APL unifiée remplacera l’APL actuelle, l’ALF et l’ALS. Les aides au logement des étudiants seront transférées dans le REU afin qu’un même besoin ne soit plus financé par deux dispositifs différents. L’APL sera calculée selon les ressources du foyer, sa composition et un coefficient territorial. Le loyer servira de plafond et l’aide ne pourra initialement pas dépasser 75 % du loyer hors charges. Son budget de lancement sera d’environ 15,3 milliards d’euros par an, soit un niveau très proche des dépenses actuelles comparables hors étudiants.
→ PROTÉGER L’AUTONOMIE ET LES AIDANTS
RÉUNIR LES AIDES AU HANDICAP ET À LA PERTE D’AUTONOMIE
Une Allocation Personnalisée d'Autonomie renforcée regroupera les principales aides finançant directement le handicap, la dépendance et la perte d’autonomie, notamment l’APA actuelle, la PCH, l’ACTP, certaines composantes de l’AEEH et MaPrimeAdapt’. Elle sera accessible à tous les âges et reposera sur une évaluation fonctionnelle unique. Les besoins reconnus seront pris en charge à 100 % du tarif public de référence, notamment pour l’aide humaine, les équipements ou l’adaptation du logement. Le périmètre actuellement absorbable représente environ 12,5 à 13 milliards d’euros par an. La nouvelle APA portera cet effort autour de 16 milliards d’euros annuels.
Une Allocation aux Aidants Familiaux (AAF) regroupera les aides destinées à compenser la réduction ou l’arrêt d’activité d’un proche aidant, notamment l’AJPA, l’AJPP et plusieurs dispositifs aujourd’hui dispersés poursuivant la même fonction. Son montant dépendra de la perte réelle de revenu professionnel. Lorsqu’un aidant interrompra totalement son activité, l’allocation pourra atteindre 1 520 € par mois pendant les trois premiers mois, sans jamais dépasser le revenu effectivement perdu. L’AAF restera distincte de l’APA renforcée : l’une compensera la perte de revenu de l’aidant, l’autre financera les besoins de la personne aidée.
GARANTIR LA CONTINUITÉ DES DROITS
Une Procédure exceptionnelle pour les prestations sociales (PEPS) remplacera les mécanismes dispersés d’avances et de secours utilisés lorsqu’une transition administrative interrompt temporairement un versement. Elle permettra de maintenir provisoirement un droit, de verser une avance ou d’accélérer une transition entre deux prestations lorsqu’un droit sera déjà ouvert ou suffisamment établi. PEPS ne constituera pas une allocation supplémentaire et accompagnera prioritairement les cinq premières années de la réforme.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
13.560
EUROS VERSÉS LA PREMIÈRE ANNÉE
À UN AIDANT CONTRAINT
D’ARRÊTER DE TRAVAILLER
300
EUROS PAR MOIS ET PAR ENFANT
JUSQU’À 3 ANS AVEC
L’ALLOCATION ENFANT UNIVERSELLE
100%
DU TARIF RECONNU
POUR LES BESOINS D’AUTONOMIE
PRIS EN CHARGE
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LES PRESTATIONS SOCIALES
186 milliards d'euros de prestations sociales réorganisées par an au bout de 5 ans.
2,5 milliards d'euros d'effort public net supplémentaire pan an au bout de 5 ans.
Les 186 milliards d’euros correspondent au budget brut de l’ensemble des prestations réformées. Il comprend donc la très grande majorité des dépenses qui existent déjà aujourd’hui. Le coût réellement supplémentaire est beaucoup plus faible. Dans le scénario central de SP, les nouvelles protections représentent environ 22,8 milliards d’euros supplémentaires par an, tandis que l’AEU, FAMILIA et la réforme de l’assurance chômage dégagent environ 20,3 milliards d’euros d’économies ou de redéploiements. Le solde atteint ainsi environ 2,5 milliards d’euros par an au bout de cinq ans.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
L'ALLOCATION ENFANT UNIVERSELLE (AEU)
L’Allocation Enfant Universelle modifiera profondément la manière dont la France soutient les familles. Aujourd’hui, cette politique repose à la fois sur des prestations directes et sur des avantages fiscaux liés aux enfants, notamment le quotient familial et les parts fiscales supplémentaires. Ces avantages fiscaux représentent environ 14 à 15 milliards d’euros par an et bénéficient davantage aux foyers qui paient suffisamment d’impôt pour en tirer pleinement parti. L’AEU remplacera cette logique par une aide directement rattachée à chaque enfant.
Chaque enfant ouvrira droit à 300 € par mois jusqu’à 3 ans. À partir de 3 ans, les trois premiers enfants ouvriront chacun droit à 150 € par mois, puis 100 € à partir du quatrième. Une famille de quatre enfants âgés de plus de 3 ans percevra ainsi 550 € par mois.
Cette réforme modifiera volontairement la répartition du soutien entre les familles. Par exemple, un parent isolé au SMIC avec deux enfants de 3 et 7 ans passerait d’environ 186 € de soutien mensuel à environ 342 €, soit un gain estimé à 156 € par mois et près de 1 870 € par an, en comptabilisant une prime de Noël instaurée par SP. À l’inverse, les foyers qui bénéficient aujourd’hui fortement du quotient familial perdront cet avantage fiscal. Ils continueront à percevoir l’AEU pour leurs enfants, mais le montant du soutien public ne dépendra plus du niveau d’impôt qu’ils auraient pu économiser.
L’AEU absorbera également plusieurs prestations familiales aujourd’hui séparées : les allocations familiales, le complément familial, la fonction de soutien direct de la PAJE et l’allocation de rentrée scolaire. La prime de naissance sera maintenue à 1 000 €, mais elle sera réservée aux foyers situés sous les plafonds de revenus prévus. Les autres besoins resteront traités séparément. La garde d’enfants relèvera du dispositif FAMILIA, les besoins liés au handicap seront couverts par l’APA renforcée et, lorsqu’un jeune deviendra étudiant et ouvrira son propre droit au Revenu Étudiant Universel, l’AEU cessera automatiquement pour éviter un double financement.
Au total, les prestations et avantages que l’AEU remplacera représentent aujourd’hui environ 41 à 43 milliards d’euros par an. L’AEU mobilisera environ 32,4 milliards d’euros, ce qui dégagera une marge centrale estimée entre 10 et 12 milliards d’euros par an.
La politique familiale reposera ainsi davantage sur une aide directement versée pour chaque enfant et moins sur des avantages fiscaux liés au niveau d’imposition des parents.
Des prestations sociales unifiées pour mieux protéger chaque parcours de vie.
La réforme ne superpose pas de nouvelles allocations au système actuel.
Elle réunit les dispositifs qui financent le même besoin et rend les droits automatiques.
La protection sociale conserve sa fonction de solidarité,
mais son fonctionnement devient beaucoup plus compréhensible pour tous.
Un véritable progrès social.