SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
FONCTION PUBLIQUE ET ADMINISTRATION
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
FONCTION PUBLIQUE ET ADMINISTRATION
UNE ADMINISTRATION EFFICIENTE
La fonction publique est l’un des principaux instruments de continuité de l’État. Elle permet d’enseigner, de soigner, de protéger, de contrôler et d’appliquer les politiques publiques sur l’ensemble du territoire. Mais son organisation s’est progressivement fragmentée : multiplication des systèmes d’information, procédures superposées, règles de carrière différentes entre administrations et circuits de décision parfois beaucoup plus longs que la mission ne l’exige.
Cette complexité pèse à la fois sur les citoyens et sur les agents. Une même information peut être demandée plusieurs fois, un dossier transmis entre différents services et une décision retardée par des validations de pure forme. La dématérialisation a amélioré certaines démarches, mais elle a aussi parfois transposé sur écran des procédures qui étaient déjà trop complexes sur papier.
Souveraineté & Progrès ne répondra pas à cette situation par une réduction uniforme de la fonction publique. La transformation partira des missions réellement nécessaires. La suppression des régions et des départements modifiera les périmètres administratifs, mais les agents conserveront leurs droits et suivront les compétences qu’ils exercent. Les emplois devenus redondants seront progressivement réduits par les départs naturels, les réorganisations et les redéploiements vers les services qui manquent de personnel.
Cette transformation concernera également les carrières. Des passerelles plus accessibles permettront de circuler entre fonctions publiques, les contractuels occupant durablement une fonction nécessaire pourront accéder à une voie professionnelle d’intégration et les principaux encadrants devront démontrer leur aptitude à exercer une responsabilité hiérarchique. Les différences injustifiées de rémunération entre fonctions comparables seront progressivement réduites.
Enfin, le numérique devra cesser d’être une juxtaposition de systèmes. Un système d’information national unifié permettra aux administrations de communiquer dans une infrastructure souveraine et sécurisée. Mais sa réussite dépendra aussi d’un changement de méthode : une information déjà détenue ne sera plus redemandée et une procédure inutilement complexe devra être simplifiée avant d’être numérisée.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ ADAPTER LES CARRIÈRES AUX MISSIONS PUBLIQUES
RÉORGANISER LA FONCTION PUBLIQUE EN GARANTISSANT LES DROITS
La fonction publique de l’État, la fonction publique territoriale et la fonction publique hospitalière seront maintenues, tandis qu’une Fonction publique de l’Éducation nationale sera progressivement créée. Avec la réforme territoriale, environ 400.000 agents constitueront le périmètre potentiel de transfert de la FPT vers la FPE, selon la destination réelle de leurs missions. Aucun transfert ne pourra diminuer la rémunération, l’ancienneté ou les droits acquis, et les fonctions comparables seront progressivement harmonisées vers les dispositions les plus favorables.
OUVRIR UNE VOIE D’INTÉGRATION AUX CONTRACTUELS
Un agent contractuel occupant durablement un emploi nécessaire pourra demander son intégration en tant que titulaire lorsqu’un corps ou cadre d’emplois correspondant existe. Il ne repassera pas un concours général : un examen professionnel d’intégration évaluera principalement les compétences réellement acquises dans le poste. L’intégration restera volontaire et ne sera ouverte que si l’administration confirme le caractère permanent du besoin.
FACILITER LES MOBILITÉS ET ANTICIPER LES BESOINS
Les passerelles entre FPE, FPT, FPH, FPEN et Défense seront renforcées lorsque les qualifications sont compatibles. La planification des emplois sera parallèlement actualisée en fonction des départs, métiers en tension, besoins de recrutement, transformations numériques et possibilités de reconversion. Cette politique accompagnera une diminution centrale d’environ 90 000 postes administratifs sur dix ans, principalement par les départs naturels et la disparition des doublons liée à la réforme territoriale, sans plan social collectif.
CRÉER UNE FONCTION PUBLIQUE DE L’ÉDUCATION NATIONALE
Une Fonction publique de l’Éducation nationale (FPEN) donnera aux quelque 1,2 million d’agents de l’Éducation nationale un cadre statutaire spécifique tout en maintenant leur caractère national. Les États généraux de l’Éducation prépareront les statuts et carrières pendant les premières années, avant une loi-cadre en année 4 et un déploiement progressif jusqu’à l’année 10. Les coûts correspondants resteront budgétisés dans le dossier Éducation afin d’éviter tout double compte.
→ PROFESSIONNALISER L’ENCADREMENT ET LES RÉMUNÉRATIONS
L’Institut national du service public (INSP) sera renforcée en tant qu'autorité nationale de référence de la compétence managériale civile. Les principales fonctions hiérarchiques seront soumises à une certification professionnelle, tandis que l’encadrement intermédiaire disposera d’un parcours proportionné à ses responsabilités. La certification pourra être obtenue dans les douze mois suivant une prise de fonction et fera ensuite l’objet d’une actualisation tous les cinq ans.
L’INSP ne formera pas seul tous les cadres : les IRA, le CNFPT, l’EHESP et les écoles spécialisées conserveront leur rôle. Le cadre national vérifiera notamment la capacité à organiser une équipe, appliquer le droit de la fonction publique, prévenir les risques psychosociaux et conduire une transformation administrative.
RÉFORMER LES PRIMES DE LA FONCTION PUBLIQUE D’ÉTAT
Les centaines de primes aujourd’hui dispersées seront réexaminées selon leur fonction réelle. Les indemnités liées aux contraintes d’un métier seront maintenues, tandis que les primes liées à la performance seront regroupées dans une Prime Annuelle de Performance (PAP). Son régime de référence reposera pour moitié sur les résultats collectifs du service et pour moitié sur la contribution individuelle, avec une variation possible de la part collective entre 30 et 70 % selon les métiers.
La réforme ne créera pas une nouvelle enveloppe générale de rémunération. Elle réorganisera des dépenses existantes et imposera davantage de transparence sur les critères d’attribution et les écarts entre services.
→ SIMPLIFIER LES DÉMARCHES ET LES CIRCUITS ADMINISTRATIFS
NE PLUS DEMANDER CE QUE L’ADMINISTRATION POSSÈDE DÉJÀ
Le principe « Dites-le-nous une fois » deviendra la règle générale. Une information déjà accessible à l’administration ne sera normalement plus redemandée au citoyen. Les démarches seront préremplies lorsque cela est juridiquement possible et chaque justificatif devra répondre à une utilité identifiable.
Une fois un dossier déposé, son orientation deviendra la responsabilité de l’administration. Le citoyen n’aura plus à recommencer une démarche parce qu’il s’est adressé au mauvais service lorsque celui-ci peut transmettre directement le dossier à l’autorité compétente.
Chaque grande procédure sera réexaminée avant d’être intégrée aux nouveaux outils numériques. Les pièces, contrôles, signatures et validations sans utilité réelle seront supprimés ; les consultations indépendantes pourront être conduites simultanément et les décisions courantes prises au niveau administratif pertinent. La règle sera de simplifier le processus avant d’en automatiser l’exécution.
AUTOMATISER LES TÂCHES RÉPÉTITIVES SANS AUTOMATISER LA DÉCISION
Des modèles nationaux de documents et des outils publics d’intelligence artificielle pourront contrôler les erreurs matérielles, les pièces manquantes ou les incohérences avant l’envoi d’un dossier au parapheur. L’IA ne pourra cependant ni signer un acte, ni refuser un droit, ni prononcer une sanction : les décisions produisant des effets importants resteront sous responsabilité humaine.
La signature électronique deviendra la norme lorsque le droit le permet. La séquence consistant à imprimer un document numérique, le signer à la main puis le scanner aura vocation à disparaître.
DÉPLOYER UNE ADMINISTRATION NUMÉRIQUE SOUVERAINE
Le NEXUS sera l’infrastructure nationale reliant les administrations et leurs systèmes d’information. Il ne sera ni un site internet ni un fichier géant : il organisera les échanges sécurisés entre systèmes publics, la traçabilité des opérations et l’interopérabilité des données. Aucun agent ne disposera d’un accès général ; chaque consultation nominative sera limitée à sa mission, habilitée et tracée.
Le citoyen, l'entreprise ou l'association utilisera un portail France Services Numérique ou une Maison France Services. Une Fiche Unique Nationale (FUN) leur donnera une vision consolidée de leur situation administrative, tandis que le NEXUS assurera en arrière-plan la circulation des informations autorisées. Une déclaration de changement d’adresse pourra ainsi alimenter automatiquement les administrations concernées au lieu d’être répétée auprès de chaque organisme.
Le cœur technologique sera construit dès les premières années, avec une mise en service nationale visée en trois ans.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
90.000
POSTES ADMINISTRATIFS
RATIONALISÉS
EN 10 ANS
3
ANS
POUR RENDRE LE NEXUS
PLEINEMENT OPÉRATIONNEL
1
FONCTION PUBLIQUE
DE L'ÉDUCATION
NATIONALE
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LA FONCTION PUBLIQUE ET L'ADMINISTRATION
≈ +450 millions d'euros par rapport au fonctionnement actuel, sans compter les 90.000 postes rationalisés.
≈ 30 milliards d'euros sur 10 ans de dépenses pour le NEXUS.
Le scénario central associe environ 1,7 milliard d’euros par an de coût supplémentaire lié à la convergence statutaire et environ 1,25 milliard d’euros d’économies annuelles grâce à la rationalisation des systèmes numériques, soit un solde partiel voisin de +450 millions d’euros par an. Ce montant n’intègre pas les économies liées à la réduction des effectifs administratifs.
Les 30,3 milliards d’euros du NEXUS correspondent à une dépense brute sur dix ans et non à 30,3 milliards de dépense publique entièrement nouvelle. Le système remplacera progressivement des infrastructures informatiques aujourd’hui dispersées, évaluées à 3,5 à 4 milliards d’euros par an.
Découvrez les cahiers programmatiques
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
LE NEXUS
Le NEXUS ne sera pas un nouveau portail administratif. Il constituera l’infrastructure qui permettra aux systèmes publics de communiquer entre eux. Fiscalité, protection sociale, emploi, collectivités, titres administratifs ou aides publiques pourront échanger les informations nécessaires sans obliger le citoyen ou l’agent à les saisir à plusieurs reprises.
Son fonctionnement reposera sur trois éléments distincts. Le NEXUS assurera les échanges et la sécurité. France Services Numérique constituera l’interface utilisée par l’usager. La Fiche Unique Nationale donnera à chaque personne, entreprise ou association un point unique d’accès à ses informations et démarches autorisées. Les Maisons France Services conserveront parallèlement l’accompagnement physique pour les personnes qui en ont besoin
Cette interconnexion ne donnera pas à l’administration un accès général aux données d’un citoyen. Un agent ne pourra consulter que les informations nécessaires à sa mission. Les accès seront cloisonnés par fonction et habilitation, et chaque consultation nominative sera tracée, datée et rattachée à l’agent ou au traitement automatisé qui l’a effectuée.
Le changement sera très concret dans les démarches quotidiennes. Une information déclarée une fois pourra être transmise aux administrations autorisées. Un changement d’adresse n’aura plus à être répété auprès de plusieurs organismes. Une demande d’aide pourra être instruite à partir des données déjà connues, avec intervention humaine lorsqu’un contrôle ou une situation particulière le nécessite.
Le système permettra également de rapprocher les décisions administratives de la situation réelle de l’usager. L’objectif sera d’actualiser plus rapidement revenus, situation familiale ou changement de statut afin de réduire les décalages, rappels et indus liés à des données anciennes.
Le programme représente environ 30 milliards d’euros de dépense brute sur dix ans, mais remplacera progressivement une partie importante des systèmes aujourd’hui financés séparément. Une fois stabilisé, son coût est estimé à environ 2,5 milliards d’euros par an, contre 3,5 à 4 milliards pour les infrastructures dispersées prises comme référence, soit une économie structurelle potentielle de 1 à 1,5 milliard d’euros par an à partir de la cinquième ou sixième année.
Le NEXUS sera l'une des priorités dès le début du mandat, pour que l'architecture nationale soit opérationnelle en trois ans, avant l’extinction progressive des anciens systèmes. Le principe qui résume le mieux le projet est celui inscrit dans le dossier : une information déclarée une fois, traitée une fois, vérifiée une fois.
Simplifier l’administration, mieux protéger les agents et rendre l’État plus efficace.
Une administration forte ne se mesure ni au nombre de structures qu’elle conserve
ni au volume de procédures qu’elle impose, mais à sa capacité à agir, à protéger ses agents
et à répondre aux citoyens sans leur faire supporter sa propre complexité.
Souveraineté & Progrès veut ainsi reconstruire un État capable d’utiliser pleinement ses compétences humaines
et numériques, tout en maintenant une responsabilité publique identifiable derrière chaque décision.