SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
LUTTE CONTRE LES VIOLENCES ET PROTECTION DES VICTIMES
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
LUTTE CONTRE LES VIOLENCES ET PROTECTION DES VICTIMES
LUTTER CONTRE LES VIOLENCES
La France dispose déjà de nombreux outils contre les violences : unités spécialisées, hébergements, téléphones grave danger, bracelets anti-rapprochement, structures hospitalières, associations, dispositifs judiciaires ou services de protection de l’enfance. Pourtant, leur capacité et leur disponibilité restent très inégales selon les territoires.
En 2025, les forces de sécurité ont enregistré 473 000 victimes de violences physiques et 132 300 victimes de violences sexuelles. Parmi elles, 114 500 victimes de violences physiques et 76 200 victimes de violences sexuelles étaient mineures. Les enfants représentaient ainsi 58 % des victimes enregistrées de violences sexuelles.
Souveraineté & Progrès renforcera donc les dispositifs existants et organisera une prise en charge continue, depuis le premier signalement jusqu’à la protection, l’enquête, les soins et la reconstruction. Les moyens supplémentaires seront concentrés sur les personnels, les places disponibles, les unités spécialisées et l’exécution effective des mesures de protection.
Cette politique reposera également sur une exigence de proximité. Une victime doit pouvoir trouver une réponse adaptée sans dépendre de son lieu de résidence, de la disponibilité ponctuelle d’un service ou de la capacité d’une association locale à absorber seule les besoins.
L’autre enjeu sera celui du temps. Dans les situations de violence, quelques heures ou quelques jours peuvent changer complètement l’issue d’une situation. Les délais d’accueil, de protection, d’enquête et d’orientation devront donc devenir des critères centraux d’évaluation de l’action publique.
L’ensemble du programme sera déployé en trois ans, avec une priorité particulière donnée aux enfants et aux situations présentant un danger immédiat.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ PROTÉGER IMMÉDIATEMENT LES VICTIMES
RENFORCER L’ACCUEIL ET L’ACCOMPAGNEMENT
Les capacités d’accueil seront fortement augmentées. Le réseau des Maisons des femmes / Santé passera de 100 à 150 structures en trois ans et leur financement national dédié atteindra environ 35 millions d’euros par an. Le dépôt de plainte sur place sera généralisé lorsque la victime le souhaite et que les conditions permettent la présence d’un enquêteur. Le nombre d’intervenants sociaux travaillant auprès des forces de sécurité passera d’environ 490 à 1 000. Leur présence permettra de traiter immédiatement les besoins qui dépassent la seule procédure pénale : mise à l’abri, logement, accompagnement social ou orientation vers les structures spécialisées.
GARANTIR UNE MISE À L’ABRI
Le parc d’hébergement spécialisé destiné aux femmes victimes de violences passera de 11 000 à 15 000 places en trois ans. Environ 3 800 à 4 000 places supplémentaires seront ainsi mobilisées dans les structures existantes, le logement public, les résidences sécurisées ou auprès des associations spécialisées. Une partie de ces capacités sera adaptée aux femmes accompagnées de leurs enfants. L’effort supplémentaire représentera environ 60 à 80 millions d’euros par an.
RENDRE LES OUTILS DE PROTECTION DISPONIBLES
L’évaluation du danger deviendra systématique dans les procédures de violences conjugales. Les situations comportant notamment des menaces de mort, une strangulation, une arme, une violation répétée d’interdiction ou une escalade récente seront signalées immédiatement au parquet.
La capacité nationale sera portée à 10 000 téléphones grave danger disponibles et jusqu’à 1 500 bracelets anti-rapprochement actifs simultanément. Ces chiffres constitueront des capacités disponibles : l’attribution restera décidée selon le risque et, pour le bracelet, par le magistrat.
Lorsque la situation le permettra juridiquement, l’éloignement de l’auteur sera privilégié afin que la victime ne soit pas systématiquement contrainte de quitter son domicile.
MIEUX PRENDRE EN CHARGE LES VIOLENCES SEXUELLES
Les victimes de violences sexuelles disposeront d’un parcours médico-judiciaire mieux organisé entre hôpitaux, unités médico-judiciaires et Maisons des femmes / Santé. Les examens, prélèvements, soins psychologiques et démarches judiciaires devront pouvoir être réalisés avec le moins de déplacements possibles. La possibilité de déposer plainte au sein d’un établissement de santé existe déjà dans plusieurs centaines de sites. Elle sera notamment généralisée dans les 150 Maisons des femmes / Santé.
PRÉVENIR LA RÉCIDIVE DES AUTEURS
Le réseau des Centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales passera de 30 à 63 centres, soit au moins une implantation par Territoire Républicain. Leur financement national sera porté à environ 20 millions d’euros par an. Le réseau pourra alors prendre en charge environ 40 000 à 45 000 auteurs par an, selon la durée des parcours. Ces structures assureront notamment responsabilisation, suivi psychologique, addictologie et accompagnement social lorsque cela sera nécessaire.
TRAITER LES POINTS NOIRS DE L’ESPACE PUBLIC
Une enveloppe maximale de 250 millions d’euros sur trois ans permettra de traiter environ 1 500 à 2 000 lieux prioritaires identifiés à partir des faits enregistrés et des signalements : gares, parkings, pôles d’échanges, stations ou passages particulièrement exposés. Les investissements pourront porter sur l’éclairage, la suppression des angles morts, l’organisation des accès, les dispositifs d’appel ou une vidéoprotection réellement exploitable.
→ PROTÉGER LES ENFANTS CONTRE LES VIOLENCES
Avec la réforme territoriale, les missions actuellement exercées par l’Aide sociale à l’enfance seront transférées aux Territoires. Les équipes de terrain resteront cependant implantées localement afin que la réorganisation administrative ne crée pas d’éloignement supplémentaire pour les enfants et les familles. Les Territoires assureront notamment la protection administrative, l’accueil et le placement, l’évaluation des informations préoccupantes et la coordination des différents acteurs. Aucun poste de protection de l’enfance ne sera supprimé du seul fait de la réforme territoriale.
UN PROFESSIONNEL FORMÉ DANS CHAQUE ÉTABLISSEMENT SCOLAIRE
Les quelque 58 100 écoles, collèges et lycées disposeront au terme des trois ans d’au moins un professionnel identifié et formé au repérage des violences et au premier accueil de la parole. Il pourra s’agir d’un enseignant, d’un CPE, d’un infirmier, d’un psychologue ou d’un membre de la direction déjà présent dans l’établissement. Sa mission sera d’identifier les signaux, d’écouter sans influencer la parole et de transmettre l’information aux services compétents.
La formation initiale représentera 30 à 40 millions d’euros sur trois ans, puis environ 10 millions d’euros par an pour l’actualisation et le renouvellement.
PORTER LE RÉSEAU À 200 UAPED
Les Unités d’Accueil Pédiatriques Enfants en Danger permettent de réunir dans un environnement adapté l’accueil médical, psychologique et judiciaire d’un enfant victime de violences. Le réseau, actuellement orienté vers environ 164 unités, sera porté à 200 UAPED réellement opérationnelles. Le budget national passera d’environ 30 millions d’euros aujourd’hui à 38 à 40 millions d’euros par an. Chaque unité disposera d’un socle professionnel comprenant notamment coordination infirmière, psychologie, temps médical pédiatrique et accès organisé au médico-légal.
RENFORCER LES ENQUÊTEURS SPÉCIALISÉS
Les groupes spécialisés de la Police nationale passeront d’environ 1 020 à 1 400 enquêteurs dédiés. En parallèle, les Maisons de protection des familles de la Gendarmerie passeront de 512 à environ 700 gendarmes. Les structures existantes seront conservées et renforcées. SP ne créera pas une nouvelle police spécialisée des mineurs : les affaires les plus graves continueront d’être confiées aux services disposant de l’expertise nécessaire.
EMPÊCHER QU’UN DOSSIER GRAVE RESTE INACTIF
Pour les crimes et violences sexuelles graves commis contre des mineurs, une nouvelle règle nationale imposera une supervision continue de l’enquête. Dans les 48 heures, le parquet devra avoir examiné le dossier et fixé les premières orientations de l’enquête. Lorsqu’elle sera possible, une première démarche significative devra avoir été engagée dans les 72 heures. Après 15 jours sans acte substantiel, une alerte sera adressée au responsable de l’enquête et au magistrat chargé du dossier. Tant que l’affaire restera ouverte et non stabilisée, elle devra être réexaminée au moins tous les 30 jours.
MIEUX CONTRÔLER LES ADULTES AU CONTACT DES MINEURS
Un service national unique permettra de vérifier l’aptitude des personnes exerçant régulièrement auprès d’enfants, en utilisant les informations judiciaires et administratives que la loi autorise pour chaque profession. La vérification interviendra avant la première prise de poste puis sera renouvelée périodiquement. Elle concernera notamment l’école, la petite enfance, le sport, les accueils collectifs et les structures de protection de l’enfance. Lorsqu’existeront des éléments graves et concordants faisant apparaître un risque sérieux, une mise à l’écart temporaire des fonctions impliquant un contact direct avec des mineurs pourra être décidée. Cette mesure sera motivée, contrôlable par le juge et régulièrement réexaminée.
PRENDRE EN CHARGE LE PSYCHOTRAUMATISME
La protection ne s’arrêtera pas à la mise à l’abri ou à l’enquête. Toute UAPED devra pouvoir orienter l’enfant vers une prise en charge psychologique adaptée. Dans les situations graves, une première évaluation du psychotraumatisme sera proposée dans les jours suivant l’accueil. Le suivi pourra se poursuivre au-delà de la procédure pénale et ne dépendra pas des ressources financières de la famille.
→ AGIR CONTRE LES VIOLENCES AU TRAVAIL
UN RÉFÉRENT EMPLOYEUR DÈS 50 SALARIÉS
Le référent employeur consacré aux violences sexistes, sexuelles et au harcèlement, aujourd’hui obligatoire à partir de 250 salariés, deviendra obligatoire dès 50 salariés. Dans les entreprises plus petites, une solution mutualisée pourra être organisée à l’échelle du service de prévention et de santé au travail, d’une branche ou d’une structure conventionnée.
Lorsqu’un signalement fera apparaître un risque sérieux pour la santé ou la sécurité d’une personne, l’employeur devra prendre les premières mesures de protection dans un délai maximal de 48 heures. Cette intervention pourra notamment passer par une séparation temporaire, une réorganisation du travail ou une mesure conservatoire lorsque le droit le permet. Elle ne préjugera pas de la culpabilité de la personne mise en cause.
GARANTIR UNE ENQUÊTE RAPIDE
Lorsqu’une enquête interne sera nécessaire, elle devra être formellement ouverte dans les 5 jours ouvrés suivant un signalement suffisamment circonstancié. L’objectif sera de la conclure dans les 30 jours. Une prolongation jusqu’à 60 jours restera possible pour les dossiers complexes, à condition d’être motivée et accompagnée d’un nouvel examen des mesures de protection.
Les salariés ayant signalé de bonne foi des faits de violence ou de harcèlement seront davantage protégés contre les représailles professionnelles.
RENFORCER L’INSPECTION DU TRAVAIL
L’inspection du travail recevra 100 agents de contrôle supplémentaires en trois ans, soit environ 5 % de capacité de contrôle supplémentaire par rapport aux effectifs actuels. Chaque unité de contrôle disposera également d’au moins un agent bénéficiant d’une formation approfondie sur le harcèlement, les violences sexistes et sexuelles et les discriminations. L’effort salarial correspondant est évalué à environ 7 à 8 millions d’euros par an.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
15.000
PLACES D’HÉBERGEMENT
SPÉCIALISÉ POUR LES FEMMES
VICTIMES DE VIOLENCES
200
UNITÉS PÉDIATRIQUES
ENFANTS EN DANGER
OPÉRATIONNELLES
10.000
TÉLÉPHONES
GRAVE DANGER
DISPONIBLES
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LUTTER CONTRE LES VIOLENCES
245 millions d'euros par an d'effort public supplémentaire en régime stabilisé.
500 millions d'euros d'investissement et de montée en charge sur les trois premières années.
Ces chiffres correspondent aux cibles centrales des fourchettes retenues dans le dossier de SP : 220 à 270 millions d’euros supplémentaires par an une fois le dispositif déployé, et 450 à 550 millions d’euros sur trois ans pour sa montée en puissance. Ils n’intègrent pas une seconde fois les renforts de policiers, magistrats ou greffiers déjà financés dans les réformes générales de la sécurité et de la Justice
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
PROTECTION DE L'ENFANCE
Un enfant victime de violences se trouve dans une situation particulière : il dépend souvent des adultes qui l’entourent pour parler, partir, consulter un médecin ou saisir la Justice. Lorsque l’auteur appartient lui-même à son environnement familial ou éducatif, cette dépendance devient une vulnérabilité supplémentaire.
La politique de protection de l’enfance devra donc multiplier les occasions de repérer un danger sans demander à l’enfant de construire seul son propre parcours administratif.
Le premier niveau sera l’école. Dans chacun des quelque 58 100 établissements scolaires, un professionnel déjà présent recevra une formation spécifique au repérage et au premier accueil de la parole. Son rôle ne sera pas de déterminer ce qui s’est produit. Il devra reconnaître qu’une situation mérite d’être transmise et savoir immédiatement à qui s’adresser.
L’enfant conservera parallèlement la possibilité de demander lui-même de l’aide. Le 119 restera la porte nationale de référence et les outils numériques existants, notamment Ma Sécurité et les espaces numériques scolaires du second degré, devront rendre ce signalement plus facilement identifiable. Aucun nouveau numéro ne sera créé simplement pour ajouter un dispositif supplémentaire.
Lorsqu’une situation grave sera signalée, l’enquête devra ensuite avancer. Pour les crimes et violences sexuelles graves, dans les 48 heures, le parquet devra avoir examiné le dossier et fixé les premières orientations de l’enquête. Une première démarche significative devra être engagée dans les 72 heures lorsque les circonstances le permettent. Le dossier restera ensuite sous surveillance. Quinze jours sans acte substantiel déclencheront une alerte. Un réexamen interviendra au moins tous les trente jours tant que l’affaire grave restera ouverte et non stabilisée. Cette règle ne fixera pas artificiellement la durée d’une enquête ; elle empêchera qu’un dossier impliquant un enfant disparaisse pendant des mois dans une accumulation de procédures.
Les moyens spécialisés seront renforcés simultanément. La Police nationale comptera environ 1 400 enquêteurs directement spécialisés, contre environ 1 020 aujourd’hui, tandis que les Maisons de protection des familles de la Gendarmerie atteindront environ 700 personnels. Lorsqu’un enfant devra être entendu ou examiné, le réseau des UAPED permettra de le faire dans un environnement adapté. Leur nombre sera porté à 200 unités opérationnelles. Elles associeront prise en charge pédiatrique, soutien psychologique et conditions adaptées au recueil judiciaire de la parole. Les unités déjà existantes mais insuffisamment dotées seront également renforcées.
La prévention interviendra enfin avant même le signalement. Les professionnels exerçant régulièrement au contact des mineurs feront l’objet d’une vérification cohérente à l’échelle nationale. Lorsqu’un risque sérieux sera établi à partir d’éléments graves et concordants, une mesure conservatoire pourra temporairement éloigner la personne concernée des fonctions impliquant un contact direct avec des enfants, sans transformer cette protection en condamnation préalable. La prise en charge continuera après l’urgence. Un enfant accueilli dans une UAPED pourra bénéficier d’une première évaluation du psychotraumatisme dans les jours suivants, puis d’un accompagnement adapté aussi longtemps que sa situation l’exigera.
L’objectif sera que l’enfant n’ait plus à dépendre d’un seul adulte, d’un seul service ou d’un seul moment pour être protégé. La République devra être capable de repérer le danger, de maintenir l’enquête en mouvement et d’assurer la protection jusqu’à la reconstruction.
Protéger plus vite les victimes, notamment les plus fragiles.
La lutte contre les violences ne reposera pas sur l’ajout permanent de nouveaux dispositifs,
mais sur une augmentation réelle des capacités de protection, d’enquête et d’accompagnement.
En trois ans, les moyens existants seront renforcés et mieux répartis,
avec une attention particulière portée aux enfants et aux situations de danger immédiat.