SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
AGRICULTURE, PÊCHE ET ALIMENTATION
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
AGRICULTURE, PÊCHE ET ALIMENTATION
DÉFENDRE LE SECTEUR PRIMAIRE
La France possède l’une des agricultures les plus importantes d’Europe, un savoir-faire alimentaire reconnu et un espace maritime considérable. Pourtant, cette puissance productive s’est progressivement fragilisée. Les revenus restent extrêmement inégaux, les exploitations disparaissent et le renouvellement des générations devient critique : la moitié des agriculteurs présents en 2020 devraient avoir quitté le métier d’ici 2030. Dans le même temps, une part importante de ceux qui continuent à produire ne parvient toujours pas à vivre correctement de son travail : en 2020, 17,7 % des exploitants agricoles vivaient sous le seuil de pauvreté, et une étude publiée en 2026 estime que 43 % des agriculteurs ont perçu en moyenne moins que le SMIC sur une période de dix ans.
Cette situation révèle une contradiction profonde. La France demande à ses producteurs de respecter des exigences sanitaires, sociales et environnementales élevées, mais accepte parallèlement que leurs produits soient mis en concurrence avec des importations qui ne répondent pas toujours aux mêmes standards. Le prix payé à l’agriculteur, à l’éleveur ou au pêcheur reste trop souvent la variable d’ajustement de la chaîne, tandis que les aides publiques interviennent ensuite pour compenser les déséquilibres plutôt que pour les empêcher. À cela s’ajoute une autre fragilité : produire ne suffit pas si les semences, l’eau, les outils de transformation ou les capacités de stockage ne sont pas sécurisés.
La mer doit également retrouver toute sa place dans cette politique. La France possède un immense domaine maritime mais reste fortement dépendante des importations pour sa consommation de produits de la mer. SP veut donc protéger la pêche artisanale, développer une aquaculture maîtrisée et faire en sorte que les ressources prélevées dans les eaux françaises servent davantage l’alimentation du pays. La souveraineté alimentaire doit être pensée de la terre jusqu’à la mer.
Souveraineté & Progrès propose ainsi de sortir d’une politique agricole fondée principalement sur la compensation pour reconstruire une véritable politique de souveraineté alimentaire. L’État ne décidera pas à la place des producteurs de ce qu’ils doivent cultiver ou pêcher, mais il garantira un cadre dans lequel leur travail peut être correctement rémunéré, leurs outils transmis et modernisés et leurs ressources protégées. Les financements aujourd’hui dispersés seront regroupés, les importations devront respecter les exigences françaises et le pays retrouvera une capacité réelle à se préparer aux crises alimentaires.
Nourrir la population n’est pas une activité économique comme une autre, c’est une fonction vitale de la Nation.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ GARANTIR LA DIGNITÉ À CEUX QUI NOUS NOURRISSENT
INSTAURER DES PRIX PLANCHERS DE SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE
SP interdira que les productions alimentaires stratégiques soient achetées en première mise en marché sous leur coût réel de production. Les prix planchers intégreront les charges, l’amortissement, une rémunération du travail et la capacité minimale d’investir, avec des adaptations selon les filières et les territoires. Leur niveau sera révisé régulièrement : il n’existera donc pas un prix agricole unique fixé depuis Paris, mais une limite basse opposable empêchant que la marge des acteurs en aval repose sur l’appauvrissement du producteur.
GARANTIR LE SMIC NET AUX AGRICULTEURS, ÉLEVEURS ET PÊCHEURS
Même avec des prix planchers, certaines exploitations resteront fragiles en raison d’une crise, d’une installation récente ou de contraintes territoriales particulières. L’Aide aux Acteurs du Secteur Primaire (AASP) complétera alors le revenu professionnel jusqu’au SMIC net, uniquement à hauteur de la différence réellement nécessaire. Elle concernera l’agriculture, l’élevage, la pêche artisanale, l’aquaculture et la conchyliculture et n’entrera en vigueur qu’après la mise en place des prix planchers. Le couple prix planchers + AASP dispose d’une enveloppe de 4 à 5 milliards d’euros par an.
FACILITER L’INSTALLATION ET MODERNISER L’OUTIL PRODUCTIF
Alors qu’une part considérable des exploitants doit partir à la retraite dans les prochaines années, SP regroupera les aides aujourd’hui dispersées dans un parcours national d’installation, de transmission et de modernisation. La dotation d’installation aura un montant de référence de 40 000 euros, complété si nécessaire par un prêt public à taux zéro de référence de 50 000 euros et par les dispositifs de modernisation productive ou écologique. La transmission familiale des terres sera exonérée de droits lorsqu’elle maintient réellement leur usage agricole.
CRÉER UN FONDS NATIONAL POUR LA SOUVERAINETÉ AGRICOLE
Plutôt que d’ajouter un nouvel étage aux aides existantes, SP réunira dans le FNSA les principaux financements agricoles aujourd’hui répartis entre politiques européennes, nationales, régionales et fiscales. Le fonds disposera d’environ 13,5 à 14,4 milliards d’euros de ressources mobilisables chaque année et financera directement la rémunération des producteurs, les crises, l’installation et les principales politiques de souveraineté alimentaire. L’objectif est de passer d’une accumulation d’aides à une programmation nationale dont les crédits, les priorités et les résultats sont clairement identifiables.
→ PROTÉGER NOS RESSOURCES ET LE VIVANT
SP reprendra la maîtrise nationale des prélèvements et donnera la priorité à une pêche artisanale compatible avec la régénération des ressources marines. Les méthodes les plus destructrices seront interdites immédiatement ou progressivement abandonnées, tandis que les ports, criées et capacités locales de transformation seront modernisés. La politique halieutique représentera 505 à 750 millions d’euros par an pendant sa montée en charge, avant de revenir autour de 300 à 450 millions en régime stabilisé.
Les agriculteurs retrouveront une liberté élargie pour ressemer, sélectionner et échanger leurs propres semences dans un cadre sanitaire public. Un Catalogue National des Semences reconnaîtra également les variétés paysannes, anciennes ou adaptées aux contraintes climatiques, sans faire de l’uniformité le critère principal d’accès au marché. SP supprimera parallèlement le calibrage esthétique obligatoire : un fruit ou un légume sain ne pourra plus être écarté uniquement parce que sa forme ou sa taille ne correspond pas aux standards commerciaux.
La Traçabilité Hydrique Nationale permettra de connaître réellement les prélèvements significatifs effectués dans les nappes et cours d’eau afin de mieux arbitrer les périodes de tension. Environ 200 000 points prioritaires pourront progressivement être équipés, avec un régime renforcé et accompagné pour l’agriculture. L’investissement public est estimé entre 300 et 500 millions d’euros sur cinq ans et doit permettre de protéger aussi bien la ressource que les exploitants respectant les règles.
SP renforcera les capacités vétérinaires existantes plutôt que de créer une nouvelle administration, avec davantage de prévention et une indemnisation plus rapide lorsqu’une mesure sanitaire frappe un élevage. Le programme prévoit également un maillage modernisé d’abattoirs de proximité afin de limiter les transports excessifs d’animaux. La santé animale disposera de 0,8 à 1 milliard d’euros par an, tandis qu’un abattage sanitaire obligatoire pourra être indemnisé à hauteur de 80 % de la valeur économique de l’animal.
Une Opération Nationale de Stérilisation organisera pendant trois ans une action massive contre les foyers de chats et de chiens errants, avec une priorité initiale aux territoires ultramarins. L’objectif est de traiter la cause du phénomène en stérilisant et identifiant 400 000 à 600 000 animaux par an, plutôt que de financer indéfiniment les captures et les fourrières. L'opération représentera 90 à 120 millions d’euros annuels pendant trois ans avant de revenir à un dispositif d’entretien de 15 à 25 millions d’euros.
→ SÉCURISER ET ORIENTER NOTRE ALIMENTATION
La France ne dispose plus d’un véritable stock alimentaire public permettant de tenir face à une rupture majeure d’approvisionnement. SP constituera donc environ 5 millions de tonnes de denrées essentielles, dont suffisamment de blé pour couvrir environ six mois de besoins de base et plusieurs autres produits pour quatre mois. Le stock sera constitué progressivement en deux ans pour environ 1,66 milliard d’euros, puis continuellement renouvelé à travers les circuits publics afin d’éviter qu’il ne devienne une réserve inutilisée.
TRANSMETTRE UNE VÉRITABLE CULTURE ALIMENTAIRE
L’Éducation Alimentaire Souveraine donnera aux enfants une compréhension concrète de l’alimentation, de la saisonnalité et du lien entre production et consommation. Les potagers scolaires, la restauration collective et les temps pédagogiques permettront de faire de l’alimentation un savoir vécu plutôt qu’une simple campagne de sensibilisation. SP fixe notamment l’objectif de 75 % de produits locaux et de saison dans les cantines publiques à T+10, créant parallèlement un débouché durable pour les filières françaises.
L’ICR remplacera l’information aujourd’hui essentiellement centrée sur le Nutri-Score par trois indications distinctes : qualité nutritionnelle, niveau de transformation et carbone-distance. Il ne donnera volontairement pas une note unique pouvant masquer les différences entre ces dimensions. Après deux années de préparation et d’adaptation, l’ICR deviendra obligatoire sur tous les produits alimentaires à partir de l’année 3.
SP conservera le principe d’une participation de l’employeur au repas mais supprimera les intermédiaires privés qui prélèvent aujourd’hui des commissions sur le système. Une carte publique permettra au restaurateur d’être payé immédiatement, tandis que les parts employeur et salarié seront régularisées automatiquement. Un repas à 12 euros pourra par exemple être réparti entre 7,20 euros pour l’employeur et 4,80 euros pour le salarié, tout en orientant davantage ce pouvoir d’achat vers les restaurants et producteurs locaux.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
1
SMIC NET GARANTI
À CEUX QUI PRODUISENT
NOTRE ALIMENTATION
APRÈS LES PRIX PLANCHERS
5
MILLIONS DE TONNES
DE DENRÉES DANS UN
STOCK ALIMENTAIRE
NATIONAL STRATÉGIQUE
75%
DE PRODUITS LOCAUX
ET DE SAISON DANS LES
CANTINES PUBLIQUES
ET ADMINISTRATIONS À T+10
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR L'AGRICULTURE, LA PÊCHE ET L'ALIMENTATION
≈ 14 milliards d'euros par an de financements agricoles aujourd’hui dispersés seront regroupés et pilotés dans le cadre d'un Fonds National pour la Souveraineté Agricole. Ils proviennent notamment des financements
correspondant à la PAC, des dispositifs nationaux et régionaux et des avantages fiscaux agricoles transformés.
La politique Agriculture, Pêche & Alimentation mobilisera 13,5 à 14,4 milliards d’euros de financements agricoles existants par an, désormais regroupés et orientés dans une stratégie nationale de souveraineté alimentaire. À cette enveloppe s’ajouteront 2,6 à 2,9 milliards d’euros d’investissements structurants sur dix ans, notamment pour constituer le stock alimentaire stratégique, améliorer la gestion de l’eau et moderniser certaines infrastructures agricoles. Cette programmation financera prioritairement les revenus et l’installation des producteurs, la modernisation des filières, la gestion des crises, la santé animale et la sécurisation de l’approvisionnement national.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
DISPOSITIF AASP
Aujourd’hui encore, produire l’alimentation du pays ne garantit pas de pouvoir vivre correctement de son travail. En 2020, 17,7 % des exploitants agricoles vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 14,4 % dans l’ensemble de la population. Une étude publiée en 2026 estime par ailleurs que 43 % des agriculteurs ont perçu en moyenne un revenu inférieur au SMIC sur une période de dix ans. Cette précarité ne peut pas être considérée comme une situation normale pour des métiers dont dépend directement l’alimentation de la population.
Souveraineté & Progrès instaurera donc l’Aide aux Acteurs du Secteur Primaire, ou AASP. Elle garantira qu’un agriculteur, un éleveur, un pêcheur artisanal, un aquaculteur ou un conchyliculteur exerçant réellement son activité et respectant les règles nationales ne dispose pas d’un revenu professionnel inférieur au SMIC net. L’aide sera différentielle : si le revenu atteint déjà ce niveau, aucune aide n’est versée ; s’il lui manque 250 euros par mois, l’AASP apporte uniquement ces 250 euros.
Mais SP ne veut surtout pas que l’État se substitue aux acheteurs. Les prix planchers seront donc instaurés avant l’AASP. Ils obligeront d’abord les industriels, centrales d’achat, coopératives ou autres premiers acheteurs à rémunérer correctement la production. L’AASP n'interviendra qu'ensuite, autour de l'année 1 ou 2, lorsqu'une exploitation reste sous le SMIC malgré une production payée au prix minimum prévu. Le principe est essentiel : le marché doit d'abord payer le travail à sa juste valeur. L'État ne complète que lorsqu'un écart subsiste.
Le dispositif ne constituera donc ni un revenu automatique ni une subvention permanente accordée à toute exploitation. Les revenus seront appréciés selon les cycles réels de chaque activité et les droits adaptés pour les exploitations collectives, les conjoints travaillant réellement dans l’exploitation, les pluriactifs ou les équipages de pêche. L’accès à l’AASP sera également conditionné au respect des obligations sanitaires, environnementales, hydriques et halieutiques applicables. La garantie publique de revenu s’accompagne ainsi d’une responsabilité vis-à-vis de la collectivité.
Le financement est intégré à l’enveloppe de 4 à 5 milliards d’euros par an consacrée conjointement aux prix planchers et à la garantie de revenu. Ce montant ne constitue donc pas le coût de l’AASP seule. À terme, son poids doit même diminuer : si les prix planchers, la modernisation des exploitations et la structuration des filières produisent les effets attendus, davantage de producteurs vivront directement de leur activité et auront moins besoin de ce complément public.
Souveraineté & Progrès affirme qu'aucun acteur du secteur primaire ne doit nourrir la Nation en vivant sous le salaire minimum légal du travail.
Un secteur primaire défendu pour une alimentation saine et nationale.
Pour Souveraineté & Progrès, la souveraineté alimentaire commence par ceux qui cultivent, élèvent et pêchent.
Ils doivent pouvoir vivre de leur travail, transmettre leur outil et produire
sans être placés en concurrence avec des standards que la France elle-même refuserait.
Cette souveraineté suppose aussi de protéger les ressources qui rendent la production possible
et de retrouver une capacité collective à faire face aux crises.
Une Nation réellement souveraine doit pouvoir décider de ce qu’elle produit, protéger ceux qui la nourrissent
et garantir de manière durable l’alimentation de sa population.