SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
SÉCURITÉ INTÉRIEURE ET FRONTALIÈRE
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
SÉCURITÉ INTÉRIEURE ET FRONTALIÈRE
UNE SÉCURITÉ DU QUOTIDIEN
La sécurité ne dépend pas seulement du nombre d’agents présents sur le territoire. Elle dépend de la capacité de la puissance publique à intervenir au bon niveau, avec des responsabilités clairement établies et une continuité entre la prévention, l’intervention, l’enquête et la décision de justice. Or la France dispose aujourd’hui de forces nombreuses et expérimentées, mais leur organisation conduit encore trop souvent la Police nationale à prendre en charge simultanément la grande criminalité, les missions spécialisées et une part considérable de la sécurité quotidienne. À l’inverse, les Polices municipales sont déjà très présentes sur le terrain mais restent limitées dans leur capacité à traiter elles-mêmes une affaire locale jusqu’à son terme.
Cette organisation devient d’autant plus problématique que les besoins restent considérables. En 2025, les forces de sécurité ont enregistré 473 000 victimes de violences physiques et 132 300 victimes de violences sexuelles. Une victime peut encore être confrontée à plusieurs services successifs alors qu’elle devrait pouvoir entrer dans une chaîne de protection dès le premier contact. La même difficulté existe dans d’autres domaines : la mortalité routière a atteint 3 515 personnes en 2025, tandis que les catastrophes naturelles et les incendies imposent désormais à la sécurité civile de se préparer à des crises plus fréquentes et plus étendues.
La maîtrise des frontières constitue l’autre versant de cette politique. La France dispose déjà de dispositifs de contrôle, d’asile, d’accueil et d’éloignement, mais ceux-ci restent répartis entre plusieurs administrations et demeurent en partie inscrits dans le cadre européen. SP assume une politique qui distingue clairement les situations : venir étudier, travailler, rejoindre sa famille ou demander une protection ne relève pas des mêmes règles. À l’inverse, lorsqu’une personne ne dispose définitivement plus d’un droit au séjour, la République doit être capable de faire appliquer la décision prise.
Souveraineté & Progrès veut donc réorganiser la sécurité intérieure autour d’un principe simple : la bonne mission doit être exercée au bon niveau. La sécurité quotidienne sera davantage confiée aux communes et aux bassins de vie via les intercommunalités, tandis que la Police nationale se concentrera sur les menaces exigeant des moyens nationaux. La Gendarmerie conservera son rôle territorial essentiel. Lorsqu’une crise dépasse ces échelons, une chaîne de commandement claire permettra de réunir temporairement les moyens nécessaires sans créer une administration d’exception permanente. Aux frontières, la sortie de l’Union européenne et de Schengen permettra à la France de retrouver progressivement la maîtrise complète de ses règles d’entrée, de séjour et de circulation.
Cette montée en puissance restera inséparable de l’État de droit. Donner davantage de compétences aux forces locales implique davantage de contrôle ; renforcer la rétention implique l’intervention du juge ; organiser les crises n’autorise pas à suspendre durablement les libertés publiques. Pour SP, une République forte est une République capable de protéger et de faire appliquer ses décisions, sans transformer la sécurité en surveillance permanente de la population.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ PROTÉGER AU PLUS PRÈS DU QUOTIDIEN
FAIRE DES POLICES MUNICIPALES DE VÉRITABLES POLICES LOCALES
SP donnera aux Polices municipales et intercommunales de véritables compétences judiciaires afin qu’une affaire locale puisse être traitée localement jusqu’à l’enquête, sous l’autorité du parquet. La Police nationale se recentrera sur les réseaux criminels, les grandes investigations, le terrorisme et les missions nationales, tandis que la Gendarmerie restera la force de référence des territoires ruraux. Les effectifs des forces locales passeraient d’environ 29 000 aujourd’hui à une cible centrale proche de 94 000 agents, essentiellement par transfert et non par recrutement supplémentaire. La transformation des locaux, des systèmes, des équipements et des qualifications judiciaires représentera 1,2 à 2 milliards d’euros sur sept ans.
MIEUX PROTÉGER ET ACCOMPAGNER LES VICTIMES
Une personne demandant de l’aide ne devra plus être renvoyée d’un service à l’autre : la première institution saisie restera responsable de son orientation jusqu’à la prise en charge effective. SP renforcera notamment les professionnels capables de traiter les conséquences sociales d’une violence sans transformer les policiers en travailleurs sociaux. Le nombre d’intervenants sociaux auprès des forces de l'ordre passera d’environ 480 à 1 000 professionnels en 3 ans, tandis que le financement national de l’aide aux victimes atteindra 80 millions d’euros par an.
TRANSFORMER DURABLEMENT LES QUARTIERS EN DIFFICULTÉ
SP refuse aussi bien les opérations policières ponctuelles que les nouveaux « plans banlieue » déconnectés des autres politiques publiques. Chaque quartier concerné fera l’objet d’une action coordonnée sur la sécurité, l’école, la justice, les services publics, l’activité économique et le cadre urbain, avec une présence publique maintenue dans le temps. Une première cartographie sera construite avec les communes dès l'année 1, puis chaque territoire sera réévalué tous les 5 ans, afin qu’un quartier puisse sortir du dispositif lorsque sa situation s’est réellement normalisée. Aucun budget autonome supplémentaire n’est créé : les moyens proviennent des politiques concernées.
REFAIRE DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE UNE POLITIQUE DE PROTECTION
En 2025, 3 515 personnes sont mortes sur les routes françaises, et 60 % des décès métropolitains sont intervenus hors agglomération. SP concentrera donc davantage les investissements et les contrôles sur les axes, les comportements et les situations réellement accidentogènes plutôt que de poursuivre une politique uniforme. Les radars resteront utilisés lorsqu’ils répondent à un risque démontré, mais leur rendement financier ne pourra jamais justifier leur implantation. La réforme ne crée aucun budget autonome supplémentaire : les investissements routiers restent intégrés aux financements territoriaux prévus.
→ FAIRE FACE AUX CRISES
SP conservera le modèle français des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires tout en transformant les SDIS en Services Territoriaux d’Incendie et de Secours dans le cadre de la réforme territoriale. L’effort nouveau portera principalement sur la capacité aérienne de lutte contre les incendies, avec une priorité donnée à une filière française si elle atteint le niveau opérationnel requis. Le scénario privilégié prévoit 4 bombardiers d’eau Fregate-F100 supplémentaires, avec la modernisation de la base de Nîmes-Garons, pour 420 à 550 millions d’euros. Si le programme français n’aboutit pas à temps, des DHC-515 supplémentaires assureront la capacité de remplacement.
Une manifestation ou une fête publique restera régie par le droit commun. Une catastrophe dépassant les capacités ordinaires appellera en revanche une coordination renforcée. SP conserve l’architecture nationale de gestion de crise fondée sur le dispositif ORSEC, le Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises et, lorsque la situation l’exige, la Cellule interministérielle de crise. La réforme porte sur leur articulation avec les Territoires Républicains et sur l’adaptation de la chaîne actuelle à la disparition des départements et à la transformation du modèle préfectoral. Les communes restent pleinement impliquées dans la réponse locale, tandis que l’État coordonne les moyens nationaux lorsque la crise dépasse les capacités territoriales. Cette réorganisation ne crée aucune structure permanente supplémentaire et n’entraîne donc pas de surcoût administratif propre.
→ MAÎTRISER NOS FRONTIÈRES
SP remplacera la superposition actuelle des statuts par six grandes catégories de visas correspondant au motif réel du séjour, afin que les règles d’entrée, de durée et de renouvellement soient immédiatement compréhensibles. La protection humanitaire restera examinée individuellement et sans quota, tandis que les autres flux pourront être pilotés selon les capacités françaises. La sortie de l’Union européenne et de Schengen à la fin de T+4 permettra à la France d'appliquer pleinement ses propres règles de frontières et de court séjour.
UNIFIER L’ACCUEIL ET RENFORCER L’EXÉCUTION DES ÉLOIGNEMENTS
SP transformera les multiples structures actuelles d’accueil en un réseau CADA unique sans construire artificiellement un nouveau parc : environ 110 000 à 112 000 places existantes seront maintenues au lancement. À l’autre bout de la chaîne, les CRA seront portés à 6 000 places permanentes, complétées si nécessaire par jusqu’à 2 000 places modulables, afin que les décisions d’éloignement devenues définitives puissent réellement être exécutées. Le CRA ne deviendra pas pour autant automatique : départ volontaire et assignation resteront privilégiés lorsqu’ils sont crédibles, et les prolongations de rétention continueront d’être contrôlées par le juge.
Après la sortie de l’Union européenne et de Schengen, une personne étrangère venant séjourner ou transiter en France contribuera modestement aux infrastructures nécessaires à cette circulation. La CETF sera modulée selon le statut et les relations entre la France et le pays concerné, tandis que la protection humanitaire restera intégralement exonérée. Le dispositif pourrait générer 1,5 à 2,2 milliards d’euros de recettes par an une fois pleinement appliqué, essentiellement grâce au très grand nombre de séjours touristiques et de transits internationaux.
Le contrôle des frontières, les visas, le séjour et l’asile sont aujourd’hui répartis entre plusieurs administrations qui ne suivent pas toujours une situation dans sa continuité. SP propose de les réunir au sein d’une Direction générale de la sécurité frontalière et migratoire, capable d’assurer une même chaîne depuis l’entrée sur le territoire jusqu’à la décision administrative. Cette direction atteindra 15 600 agents permanents en 5 ans, avec 1 000 recrutements nouveaux.
Contrôler réellement une frontière exige de savoir où concentrer les moyens humains plutôt que de multiplier les contrôles au hasard. ARGOS déploiera des caméras, des capteurs, des drones et des moyens de contrôle du fret sur les principaux points d’entrée afin de signaler aux agents les situations nécessitant une vérification. Le programme prévoit notamment 2 000 caméras et capteurs fixes ainsi que 210 portiques et scanners, tout en restant strictement limité aux frontières et aux grands flux internationaux. Un enjeu stratégique majeur dans le cadre de la sortie de l'Union Européenne.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
94.000
POLICIERS MUNICIPAUX
ET INTERCOMMUNAUX
À RÉGIME STABILISÉ
1.000
INTERVENANTS SOCIAUX
AUPRÈS DES FORCES DE L'ORDRE
EN 3 ANS
4
BOMBARDIERS D'EAU
FRÉGATE-F100
SUPPLÉMENTAIRES
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LA SÉCURITÉ INTÉRIEURE ET FRONTALIÈRE
+ 9 milliards d'euros d’effort public supplémentaire en 10 ans. L’essentiel finance la montée en capacité des CRA et des éloignements, la transformation des forces locales, le renforcement de l’accompagnement des
victimes et les nouveaux moyens de sécurité civile
≈2 milliards d'euros de recettes nouvelles par an grâce à la Contribution d'Entrée sur le Territoire Français.
La Sécurité intérieure et frontalière représentera un effort supplémentaire central d’environ 9 milliards d’euros sur dix ans, concentré principalement sur les premières années de transformation. Cette programmation financera la montée en puissance des Polices municipales et intercommunales, l’accompagnement des victimes, le renforcement de la sécurité civile et surtout une capacité réelle d’exécution des décisions d’éloignement. La Contribution à l’Entrée sur le Territoire Français apportera parallèlement 1,5 à 2,2 milliards d’euros de recettes nouvelles par an.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
POLICE MUNICIPALE :
DES NOUVELLES MISSIONS
La France comptait 28 846 policiers municipaux en 2024, soit près de 29 000 agents selon les dernières données consolidées. Ils sont devenus des acteurs quotidiens de la sécurité dans de nombreuses communes, mais leurs compétences judiciaires restent très inférieures à celles de la Police nationale et de la Gendarmerie. Un projet de loi examiné en 2026 prévoit déjà d’élargir certaines de leurs prérogatives pour des infractions du quotidien. SP franchit une étape supplémentaire en appliquant une règle simple : ce qui peut être traité localement doit pouvoir l’être jusqu’au bout, sous l’autorité de la Justice.
Le droit permet également déjà aux communes de mettre des policiers municipaux en commun et aux intercommunalités de recruter leurs propres agents pour les mettre à disposition des communes. SP ne crée donc pas la Police intercommunale. Il transforme cette possibilité de mutualisation en une véritable force locale de plein exercice. Lorsqu’elles choisissent cette organisation, toutes les communes de l’intercommunalité doivent approuver le transfert de leur compétence de sécurité locale.
Les Polices municipales et intercommunales deviendront ainsi de véritables forces locales de sécurité. Selon leur formation et leur habilitation judiciaire, leurs agents pourront recevoir les plaintes, effectuer les premières constatations, conduire des enquêtes locales, rechercher les auteurs et procéder aux interpellations ou saisies prévues par la procédure pénale. Un cambriolage local, des violences intrafamiliales ou un petit trafic de quartier ne devront plus nécessairement changer de service simplement parce qu’une force locale a été la première à intervenir. Dès qu’une affaire révèle un réseau plus large, plusieurs territoires concernés ou une technicité dépassant ses capacités, elle bascule vers la Police nationale.
Cette extension des compétences ne donnera aucun pouvoir judiciaire au maire. Pour la tranquillité publique et les missions administratives, la Police municipale restera placée sous son autorité. Dès qu’une enquête est ouverte, les agents habilités travailleront sous l’autorité du parquet. Le maire ne pourra ni ordonner une interpellation dans le cadre d’une enquête, ni faire arrêter une procédure, ni consulter librement son contenu. La même séparation s’appliquera à la Police intercommunale : le président du Comité Exécutif Intercommunal (cf réforme territoriale) exercera l’autorité politique sur le service, tandis que la Justice dirigera les enquêtes.
L’organisation évoluera également selon la taille et la réalité du territoire. À partir de 20 000 habitants, une commune devra disposer soit d’une Police municipale structurée, soit transférer cette fonction à une Police intercommunale. En dessous de ce seuil, elle pourra conserver la couverture de la Gendarmerie si cela correspond mieux à ses besoins. Lorsqu’une intercommunalité reprend la compétence, la Police intercommunale devient la force locale principale du bassin de vie. Police municipale et Police intercommunale ne formeront donc pas deux polices généralistes concurrentes sur un même territoire.
Cette réforme ne consiste pas à recruter 60 000 policiers supplémentaires. La trajectoire centrale prévoit le transfert progressif d’environ 60 000 agents de la Police nationale vers les forces locales, avec quelques milliers de mobilités possibles depuis la Gendarmerie. Les crédits, les droits acquis et les équipements utiles accompagneront les personnels. À terme, SP vise environ 94 000 policiers municipaux et intercommunaux, tandis que la Police nationale pourra davantage concentrer ses moyens sur la criminalité organisée, les grandes enquêtes, le maintien de l’ordre et les menaces nationales.
Davantage de pouvoir local implique enfin davantage de contrôle. Le droit permet déjà de faire vérifier l’organisation et le fonctionnement d’une police municipale par les services d’inspection générale de l’État. SP va plus loin en attribuant explicitement à l’IGPN une compétence nationale de contrôle sur les Polices municipales et intercommunales renforcées. L’armement, la formation, la déontologie et l’usage de la force resteront encadrés par une doctrine nationale. La transition nécessitera 1,2 à 2 milliards d’euros sur sept ans, principalement pour les qualifications judiciaires, les systèmes d’information, les locaux et l’harmonisation des équipements.
L’objectif de SP n’est donc pas de diminuer la puissance policière nationale, mais de la répartir autrement : la sécurité du quotidien au plus près du terrain, les grandes menaces à l’échelle nationale.
Des forces de l'ordre réorganisées, des victimes protégées, des crises anticipées.
La sécurité doit commencer au plus près des citoyens et disposer de la puissance nationale lorsque la situation l’exige.
Une responsabilité mieux répartie permet à chaque force de se concentrer
sur les missions pour lesquelles elle est réellement nécessaire.
La même exigence vaut aux frontières : accueillir lorsque la protection est due,
contrôler les flux d'entrée et être capable de faire appliquer les décisions prises.
La République doit protéger efficacement sans renoncer au droit, parce que l’autorité publique
n’est durable que lorsqu’elle est à la fois capable d’agir avec un pouvoir encadré.