SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
RENSEIGNEMENT ET CYBERSÉCURITÉ
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
RENSEIGNEMENT ET CYBERSÉCURITÉ
UN RENSEIGNEMENT SOUVERAIN
Le monde est entré dans une période de confrontation durable où la capacité à comprendre les intentions, les capacités et les mouvements des autres puissances redevient déterminante. Les conflits se multiplient tandis que les rapports de force se durcissent et que la frontière entre la paix et l’affrontement s'érode. Les États cherchent désormais à affaiblir leurs adversaires bien avant qu’une guerre ne soit déclarée, en agissant sur leurs intérêts économiques, leurs systèmes d’information, leurs capacités scientifiques ou leur stabilité intérieure. La prolifération constitue également une menace croissante : début 2026, neuf États possédaient ensemble plus de 12 000 armes nucléaires et poursuivaient pratiquement tous la modernisation de leurs arsenaux. Dans cet environnement, la France ne peut rester spectatrice et attendre qu'une crise advienne. Elle doit pouvoir anticiper les rapports de force et les menaces susceptibles d’atteindre ses intérêts.
Notre pays dispose pour cela de services de renseignement reconnus et de compétences considérables. Leur mission dépasse très largement la lutte contre le terrorisme. Ils permettent à la France de comprendre les évolutions du monde, de suivre les puissances ou organisations susceptibles de porter atteinte à sa souveraineté. La contre-ingérence et la contre-prolifération sont ainsi devenues essentielles à la protection de nos capacités militaires, industrielles et scientifiques. La DGSI réalise chaque année près de 1 500 actions de sensibilisation et de suivi auprès des entreprises et organismes scientifiques exposés aux risques de prolifération. Cette pression s’exerce désormais aussi dans le champ numérique. Pour la seule année 2025, l’ANSSI a recensé 1 366 incidents cyber confirmés et souligne que des acteurs liés notamment à la Russie et à la Chine continuent de cibler la France à des fins d’espionnage. Une attaque informatique peut donc être bien davantage qu’un problème technique : elle peut constituer le premier acte d’une opération d’ingérence, de captation ou de déstabilisation.
Cette transformation révèle avant tout d'un enjeu de souveraineté. Posséder de bons services ne suffit plus si l’information reste trop dispersée, si certaines capacités techniques dépendent de solutions étrangères ou si l’État ne peut pas rapprocher assez rapidement des signaux provenant de domaines différents. Une information apparemment secondaire peut changer totalement de portée lorsqu’elle est rapprochée de ce qu’un autre service sait déjà. Le défi des prochaines décennies ne sera donc pas seulement de recueillir davantage de renseignement, mais de mieux le partager, de mieux l’analyser et de le transformer suffisamment vite en compréhension stratégique puis en décision.
Souveraineté & Progrès veut faire du renseignement et de la cybersécurité une fonction régalienne centrale de la République. Il ne s’agit pas de bouleverser les services qui fonctionnent, mais de leur donner les moyens de travailler davantage comme les composantes d’une même puissance nationale. SP fusionnera également plusieurs entités pour créer de véritable services de renseignement sur des pans majeurs concernant la sécurité de la Nation : sécurité économique et financière, sécurité numérique et informatique, sécurité frontalière et migratoire. La France devra ainsi disposer de ses propres moyens pour comprendre les menaces qui la concernent et conserver sa liberté de décision et d’action. Elle continuera naturellement de coopérer avec ses partenaires, mais elle ne devra jamais dépendre d’eux pour comprendre les menaces qui la concernent. Cette montée en puissance devra enfin rester pleinement compatible avec l’État de droit : renforcer le renseignement ne signifie pas étendre indistinctement la surveillance, mais donner à l’État les moyens d’identifier les menaces réelles et d’y répondre dans un cadre strictement contrôlé
Pour Souveraineté & Progrès, un pays souverain doit être capable de regarder le monde avec ses propres yeux, de protéger ses secrets, de comprendre ceux qui cherchent à l’affaiblir et de disposer de l’information nécessaire avant de décider.
Le nerf de la guerre n'est pas l'argent ou le pouvoir : c'est l'information.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ UN RENSEIGNEMENT SOUVERAIN ET SOUS CONTRÔLE
RENFORCER LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT EXISTANTS
Souveraineté & Progrès renforcera les services de renseignement existants, déjà reconnus pour leur savoir-faire et leurs compétences. DGSE, DGSI, DRM et DRSD conserveront leurs missions propres, tout en bénéficiant d’une modernisation de leurs moyens et d’une meilleure coordination. Un effort de 1,6 milliard d'euros sur dix ans sera programmé, en plus des projections budgétaires actuelles.
ÉTABLIR UNE DOCTRINE NATIONALE DU RENSEIGNEMENT
Donner davantage de moyens au renseignement impose de renforcer simultanément les règles qui encadrent leur utilisation. SP consolidera donc le contrôle exercé par la CNCTR, la justice, le Parlement et les organismes d’inspection, tout en développant une doctrine et une formation communes aux services, via notamment l'Académie du renseignement. 340 millions d’euros supplémentaires seront consacrés sur dix ans à ces fonctions de contrôle, de formation et d’audit, afin que la puissance technologique de l’État reste toujours soumise au droit.
PROJET "OURANOS"
La France coopère étroitement avec ses alliés, mais elle ne peut dépendre uniquement des renseignements qu’ils acceptent de rechercher ou de partager. OURANOS donnera aux services français une capacité orbitale propre d’interception et de localisation des communications stratégiques, complémentaire des moyens militaires déjà existants. La constellation atteindra six satellites autour de T+9 et représentera un investissement de 5,6 milliards d’euros sur quinze ans.
→ PROTÉGER LES INTÉRÊTS DE LA FRANCE
Fraude fiscale organisée, blanchiment et prédation économique exploitent aujourd’hui les ruptures entre administrations. La nouvelle Direction générale de la sécurité financière et économique réunira les capacités nécessaires pour suivre un même circuit financier de sa détection jusqu’au contrôle ou à l’enquête. Elle atteindra 16 000 agents, dont 5 000 recrutements supplémentaires, avec pour objectif de récupérer beaucoup plus efficacement les sommes qui échappent aujourd’hui à la puissance publique et d'assécher les trafics financiers.
Le contrôle des frontières, les visas, le séjour et l’asile sont aujourd’hui répartis entre plusieurs administrations qui ne suivent pas toujours une situation dans sa continuité. SP propose de les réunir au sein d’une Direction générale de la sécurité frontalière et migratoire, capable d’assurer une même chaîne depuis l’entrée sur le territoire jusqu’à la décision administrative. Cette direction atteindra 15 600 agents permanents en 5 ans, avec 1 000 recrutements nouveaux.
PROJET "ARGOS"
Contrôler réellement une frontière exige de savoir où concentrer les moyens humains plutôt que de multiplier les contrôles au hasard. ARGOS déploiera des caméras, des capteurs, des drones et des moyens de contrôle du fret sur les principaux points d’entrée afin de signaler aux agents les situations nécessitant une vérification. Le programme prévoit notamment 2 000 caméras et capteurs fixes ainsi que 210 portiques et scanners, tout en restant strictement limité aux frontières et aux grands flux internationaux. Un enjeu stratégique majeur dans le cadre de la sortie de l'Union Européenne.
RÉORGANISER LES DOUANES
SP ne supprime ni les douaniers, ni leur statut, ni leurs compétences. Leur organisation sera en revanche clarifiée : les opérations physiques aux frontières seront articulées avec la sécurité frontalière, tandis que les enquêtes fiscales, financières et commerciales rejoindront la chaîne de sécurité économique. Cette réorganisation ne nécessite aucun budget autonome supplémentaire, puisque les effectifs et équipements concernés sont déjà financés dans les deux directions auxquelles ils seront rattachés.
→ MAÎTRISER NOTRE SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE
La France dispose de spécialistes cyber dans plusieurs services, mais pas d’un service national spécifiquement consacré au renseignement numérique et aux capacités techniques communes. La nouvelle Direction générale de la sécurité numérique et informatique analysera les cybermenaces, développera des outils souverains et apportera son expertise aux autres services sans remplacer l’ANSSI, la DGSI, la DGSE ou encore le COMCYBER. Elle atteindra 1 500 agents à T+5, dont 800 directement affectés à AUGURE.
PROJET "AUGURE"
Les services français disposent d’une quantité considérable d’informations, mais leur dispersion peut empêcher de voir à temps une menace. AUGURE permettra de rapprocher ces données dans une infrastructure souveraine, contrôlée par la CNCTR, afin de faire apparaître des liens qu’une analyse séparée ne permet pas toujours d’identifier. La plateforme restera au service des analystes et ne prendra aucune décision à leur place. 800 agents seront chargés de son fonctionnement à pleine puissance, pour un investissement de 4,05 milliards d’euros sur dix ans.
En 2024, l’ANSSI a traité 4 386 événements de sécurité, preuve que la protection numérique de l’État et des infrastructures stratégiques est devenue un enjeu permanent. SP organisera une chaîne de protection commune capable de coordonner prévention, renseignement technique et réponse aux attaques, tout en renforçant la formation des agents face aux risques humains. Cette défense reposera également sur une maîtrise beaucoup plus stricte des logiciels, composants, prestataires et mises à jour utilisés dans les systèmes critiques afin de réduire les dépendances étrangères et les possibilités de compromission.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
6
SATELLITES DE RENSEIGNEMENT
STRATÉGIQUES
GRÂCE AU PROGRAMME OURANOS
2.000
CAMÉRAS ET CAPTEURS
DÉPLOYÉS AUX FRONTIÈRES
AVEC LE PROGRAMME ARGOS
3
NOUVEAUX SERVICES DE RENSEIGNEMENT, POUR SÉCURISER LES FLUX ÉCONOMIQUES, FRONTALIERS ET NUMÉRIQUES
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LE RENSEIGNEMENT ET LA CYBERSÉCURITÉ
+ 23,9 milliards d'euros d’effort public supplémentaire sur dix ans pour moderniser les services, renforcer les capacités opérationnelles et construire les nouvelles infrastructures souveraines de renseignement.
+ 16,1 milliards d'euros de solde budgétaire central estimé sur dix ans, grâce aux recettes et avoirs supplémentaires récupérés par la nouvelle chaîne de lutte contre la fraude financière et économique.
Le renseignement et la cybersécurité représenteront un effort supplémentaire de 23,9 milliards d’euros sur dix ans, soit 2,39 milliards d’euros par an en moyenne, avec des investissements concentrés dans les premières années de montée en puissance. Cette programmation financera prioritairement la modernisation des services, les nouveaux recrutements, les capacités souveraines de traitement du renseignement, la surveillance des frontières, le renseignement satellitaire, la cybersécurité et le renforcement du contrôle démocratique.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
PROJET "OURANOS"
La France dispose de services de renseignement performants et possède déjà des moyens spatiaux de renseignement électromagnétique, notamment la constellation militaire CERES. Mais elle ne dispose pas aujourd’hui d’une constellation spécifiquement conçue pour fournir à l’ensemble de ses services une capacité souveraine d’interception et de localisation des communications stratégiques. Cette limite entretient une dépendance envers les informations que nos partenaires acceptent de rechercher et de transmettre. La France coopère notamment avec les pays des Five Eyes, mais elle n’appartient pas à cette alliance du renseignement et ne maîtrise donc ni ses capteurs, ni ses priorités, ni les informations effectivement partagées. Dans un monde marqué par la multiplication des conflits, les ingérences et la prolifération, un État souverain ne peut dépendre d’un autre pour entendre ce qui menace directement ses intérêts.
Souveraineté & Progrès lancera donc OURANOS, une constellation orbitale française consacrée au renseignement d’origine communications. Ses satellites pourront détecter et localiser certaines communications accessibles depuis l’espace, puis permettre leur interception lorsqu’elle est légalement autorisée. L’objectif n’est pas d’écouter indistinctement les communications partout dans le monde : OURANOS recherchera des zones, des réseaux ou des cibles déterminés en fonction des besoins des services français. Les renseignements recueillis pourront ensuite être déchiffrés, traduits et analysés avant d’être transmis au service compétent. La France disposera ainsi d’une capacité propre pour suivre certaines activités stratégiques étrangères sans attendre qu’un partenaire décide de lui transmettre l’information.
Le programme sera déployé progressivement. Trois premiers satellites permettront d’atteindre une capacité opérationnelle vers T+5, avant le lancement de trois appareils supplémentaires pour disposer d’une constellation de six satellites autour de T+9. Cette seconde étape permettra d’augmenter la fréquence des passages, de suivre plusieurs zones simultanément et de conserver une capacité opérationnelle en cas de panne ou de perte d’un satellite. OURANOS complétera les moyens militaires existants, les stations terrestres et les autres capacités françaises de renseignement sans les remplacer. Son investissement représentera 5,6 milliards d’euros sur quinze ans, comprenant les satellites, leurs lancements, les stations au sol, les capacités de traitement et la sécurisation de l’ensemble du dispositif.
Les interceptions resteront soumises au droit et au contrôle de la CNCTR ou de l’autorité judiciaire lorsqu’elle est compétente. OURANOS ne pourra servir ni à une surveillance générale de la population, ni à contourner les règles applicables aux communications françaises. La France continuera par ailleurs de coopérer et d’échanger du renseignement avec ses alliés. L’objectif n’est pas de s’isoler, mais de pouvoir coopérer sans dépendre.
Souveraineté & Progrès veut donner à la France les moyens d’entendre par elle-même ce qu’elle doit savoir pour protéger sa souveraineté.
Des services de renseignement modernes, qui surveillent nos intêrets et protègent les citoyens.
Pour Souveraineté & Progrès, le renseignement est une condition directe de la souveraineté. Comprendre les menaces, les rapports de force et les intentions adverses permet à l’État d’anticiper plutôt que de subir.
Cette capacité doit reposer sur des services efficaces, des technologies maîtrisées et une coopération choisie, sans dépendance stratégique envers des puissances étrangères.
La République doit disposer des moyens de voir, de comprendre et de protéger ses intérêts,
tout en maintenant l’action du renseignement sous le contrôle du droit.