SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
SANTÉ
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
SANTÉ
SAUVER LA SANTÉ PUBLIQUE
La France dispose d’un système de santé puissant, construit autour de la Sécurité sociale, d’un réseau hospitalier dense et de professionnels hautement qualifiés. Pourtant, ce système apparaît aujourd’hui à la fois très protecteur en théorie et de plus en plus difficile d’accès dans la vie quotidienne.
La première fracture est territoriale. En 2024, l’accès théorique à la médecine générale représentait en moyenne 3,3 consultations par habitant, mais seulement 1,3 pour les 10 % de Français les moins bien desservis, contre 5,7 pour les 10 % les mieux desservis. À cette inégalité géographique s’ajoutent les délais, l’avance de frais ou les dépassements d’honoraires, qui peuvent transformer une couverture sanitaire théorique en difficulté réelle pour se soigner.
La question des moyens humains est tout aussi importante. Des lits peuvent exister sans pouvoir être ouverts faute de personnel. Les services d’urgences peuvent fonctionner sans disposer des capacités suffisantes pour hospitaliser rapidement leurs patients. Une partie du temps médical est encore absorbée par des tâches administratives qui pourraient être prises en charge autrement.
Le vieillissement impose parallèlement de préparer maintenant des besoins qui augmenteront pendant plusieurs décennies au regard de l'évolution démographique de notre société. La prévention doit également intervenir plus tôt, tandis que la psychiatrie doit retrouver une capacité d’action avant que la crise ne devienne le principal point d’entrée dans le système.
Souveraineté & Progrès ne reconstruira donc pas le système sanitaire à partir de zéro. Les institutions scientifiques utiles seront maintenues, les structures de soins existantes serviront de base et les moyens nouveaux seront concentrés sur les déficits constatés. L’objectif sera de rapprocher effectivement le soin du patient et de remettre davantage de temps humain dans les services.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ RENDRE LES SOINS ACCESSIBLES PARTOUT
RÉORGANISER LE PILOTAGE SANITAIRE
Les Agences régionales de santé seront progressivement intégrées aux Pôles Santé et Solidarités des Territoires Républicains (cf "Réforme territoriale"), sans supprimer leurs métiers ni leurs compétences sanitaires. La Caisse de Sécurité Sociale Unifiée reprendra les fonctions de l’Assurance maladie, tandis que la Haute Autorité de santé, l’ANSM et les autres organismes scientifiques nationaux conserveront leurs missions. La transition sera préparée pendant les deux premières années avant les transferts territoriaux.
FAIRE DE FRANCE SANTÉ LE RÉSEAU DE PROXIMITÉ
Le réseau France Santé existe déjà et SP en fera la porte d’entrée commune des soins de proximité en regroupant sous une même organisation cabinets, maisons et centres de santé, équipes mobiles, consultations avancées et hôpitaux de proximité. Le réseau reposera sur environ 5 000 structures et visera une première offre accessible à moins de 30 minutes, avec une réponse sous 48 heures lorsque l’état du patient le nécessite. Son financement d’organisation atteindra environ 325 à 350 millions d’euros par an.
SUPPRIMER L’AVANCE DES FRAIS REMBOURSABLES : ZÉRO AVANCE CHEZ LE MÉDECIN
Dans les secteurs médicaux conventionnés, le patient n’avancera plus les sommes qui doivent ensuite lui être remboursées. L’Assurance maladie et la complémentaire paieront directement le professionnel, et le patient ne réglera que son éventuel reste à charge réel. Les dépassements du secteur 2 seront parallèlement plafonnés à +30 % pour une consultation, +50 % pour un acte technique courant et +70 % pour un acte lourd.
FAIRE DE LA PRÉVENTION UN PARCOURS CONTINU
Un calendrier national de prévention rassemblera vaccinations, dépistages et bilans recommandés au cours de la vie. Mon espace santé deviendra progressivement un calendrier individuel capable de rappeler les démarches utiles et d’orienter vers une solution disponible. Cette politique renforcera les outils déjà existants, alors que la participation au dépistage organisé du cancer colorectal n’atteignait encore que 30,7 % en 2024-2025.
Les dispositifs d’accompagnement après hospitalisation, de coordination des parcours complexes et de soins palliatifs seront également renforcés lorsqu’un territoire montre une insuffisance persistante.
→ RECONSTRUIRE LES CAPACITÉS ET PRÉPARER L’AVENIR
L’hôpital public bénéficiera de 50 000 équivalents temps plein supplémentaires en cinq ans, affectés directement aux soins et au fonctionnement clinique. Une enveloppe spécifique permettra des revalorisations dans les métiers ou territoires où les difficultés de recrutement menacent la continuité du service. 5 000 fonctions de soutien seront également rapprochées des services afin de rendre du temps aux équipes médicales et soignantes.
Une réserve permettra parallèlement de remettre en service 10 000 lits existants lorsque le besoin territorial est établi et que les professionnels nécessaires sont disponibles. Environ 1 à 1,5 milliard d’euros d’investissement seront réservés à leur remise en état sur cinq ans.
RENFORCER LA PSYCHIATRIE DE PROXIMITÉ
Les 2 922 centres médico-psychologiques existants resteront le pivot public de la psychiatrie ambulatoire. Leurs antennes, les équipes mobiles et les consultations avancées seront renforcées selon les besoins territoriaux, tandis que la psychiatrie et la pédopsychiatrie bénéficieront des recrutements hospitaliers supplémentaires. Mon soutien psy intégrera également le dispositif de zéro avance.
La santé mentale des enfants et adolescents fera l’objet d’une attention spécifique, avec un lien renforcé entre santé scolaire, psychologues, CMP et pédopsychiatrie.
PRÉPARER LE GRAND ÂGE
Le parc public d’EHPAD progressera de 292 840 places recensées en 2023 à 350 000 places en quinze ans, soit environ 57 000 places supplémentaires. L’encadrement progressera parallèlement vers 0,8 professionnel par résident, ce qui représente environ 72 000 ETP supplémentaires sur la période.
Les soins et les dépenses directement liées à la dépendance seront financés collectivement. L’hébergement restera contributif selon les ressources personnelles, avec une prise en charge publique pouvant atteindre environ 15 000 euros par an pour les petites pensions.
SÉCURISER LES MÉDICAMENTS ESSENTIELS
Les obligations actuelles de stocks seront renforcées pour les médicaments les plus sensibles : deux mois resteront la règle générale pour les médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, avec trois mois pour certains produits critiques et jusqu’à quatre mois lorsqu’une pénurie récurrente ou une dépendance stratégique le justifie. La politique industrielle cherchera parallèlement à reconstruire en France des capacités de production de principes actifs, médicaments essentiels, vaccins et biothérapies.
La sortie de l’Union européenne sera préparée de manière à assurer la continuité des autorisations de médicaments déjà accessibles en France, l’ANSM reprenant progressivement la compétence juridique nationale.
→ GARANTIR LES DROITS ET MIEUX ENCADRER LES RISQUES
MAINTENIR LE CADRE DE L’AMP ET DE LA FILIATION
L’accès actuel à l’assistance médicale à la procréation sera maintenu pour les couples et les femmes seules. La prise en charge existante sera conservée et les capacités hospitalières ou de formation seront renforcées lorsque les délais deviennent excessifs. La gestation pour autrui restera interdite en France, tandis que les droits des enfants déjà nés à l’étranger continueront d’être protégés selon le droit de la filiation.
Tous les collèges, lycées et établissements d’enseignement supérieur devront mettre gratuitement à disposition des protections menstruelles dans des distributeurs accessibles et discrets. Le déploiement sera achevé en trois ans. Les établissements privés auront la même obligation mais la financeront eux-mêmes.
Dans le public, la mesure représentera environ 60 à 80 millions d’euros par an, auxquels s’ajouteront 8 à 12 millions d’euros d’installation initiale sur trois ans.
LÉGALISER ET ENCADRER LE CANNABIS
Le cannabis récréatif sera légalisé pour les adultes dans un circuit réglementé, avec production sous licence et vente exclusivement dans des commerces agréés. La détention publique et l’achat seront limités à 25 grammes, tandis que la teneur maximale sera initialement fixée à 20 % de THC pour l’herbe et 30 % pour la résine. L’autoculture sera autorisée dans la limite de 3 plants par adulte et 6 par résidence, sans possibilité de revente. La vente aux mineurs et la conduite après consommation resteront interdites.
La fiscalité appliquée au marché légal pourrait produire environ 600 à 750 millions d’euros par an en régime stabilisé. Cette recette relèvera toutefois de la réforme fiscale générale et ne sera pas déduite artificiellement du budget Santé.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
50.000
ETP DE SOINS
SUPPLÉMENTAIRES
EN 5 ANS
0
EUROS D’AVANCE
CHEZ LE MÉDECIN
SUR LA PART REMBOURSÉE
350.000
PLACES PUBLIQUES
EN EHPAD
EN 15 ANS
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LA SANTÉ
≈ 7,5 milliards d'euros par an d'effort récurent supplémentaire après 5 ans.
≈ 25 milliards d'euros sur 15 ans d'investissement immobilier pour les EHPAD publics.
Le socle budgétaire déjà chiffré se situe entre 7 et 8,1 milliards d’euros supplémentaires par an à cinq ans, essentiellement pour l’hôpital public et le grand âge, auxquels s’ajoutent France Santé et les protections menstruelles. En parallèle, environ 1,3 à 2 milliards d’euros de transitions et d’investissements sont identifiés hors EHPAD, dont 300 à 500 millions pour le zéro avance.
Le programme immobilier des EHPAD représentera entre 22 et 29 milliards d’euros sur quinze ans, incluant les nouvelles places et la rénovation du parc existant. Les renforcements supplémentaires en psychiatrie, prévention ou coordination seront dimensionnés après évaluation des besoins et ne sont pas artificiellement intégrés au total avant d’être chiffrés.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
ZÉRO AVANCE CHEZ LE MÉDECIN
Aujourd’hui, le tiers payant existe déjà mais n’est pas généralisé à l’ensemble des soins conventionnés. Un patient peut donc encore devoir payer une consultation entière alors même qu’une grande partie de cette somme lui sera remboursée quelques jours plus tard.
Le dispositif Zéro avance chez le médecin supprimera ce rôle d’intermédiaire financier. Avec la Carte Vitale, les parts prises en charge seront directement réglées au professionnel par la Caisse de Sécurité Sociale Unifiée et, lorsqu’elle intervient, par la complémentaire. Le patient ne paiera que ce qui reste réellement à sa charge.
En secteur 1, le médecin appliquera le tarif conventionnel et le patient n’avancera aucune somme destinée à être remboursée.
En secteur 2, le même principe s’appliquera. Prenons une consultation dont le tarif conventionnel est de 40 euros et dont le prix facturé atteint 52 euros. Si la complémentaire prend en charge 8 euros sur les 12 euros de dépassement, le patient paiera seulement 4 euros. Il n’aura plus à verser 52 euros avant d’attendre deux remboursements successifs.
Le zéro avance ne signifiera donc pas que toutes les consultations deviennent gratuites. Il supprimera l’avance des sommes remboursables. Les franchises, participations ou dépenses non couvertes continueront à être réglées selon les droits du patient et son contrat de complémentaire.
Le secteur 3 restera en dehors de ce système public : le médecin y conservera une liberté tarifaire complète, mais ses honoraires ne seront plus financés par l’assurance maladie. Pour le secteur 2, la liberté tarifaire sera maintenue dans les plafonds prévus par la réforme.
La transformation sera progressive sur cinq ans afin d’adapter les logiciels et de rendre les complémentaires compatibles avec le paiement direct. Son coût de transition est estimé entre 300 et 500 millions d’euros sur cinq ans. Il ne correspond pas à une nouvelle dépense de remboursement des soins, mais à la mise en place du nouveau circuit de paiement.
Faire du droit à la santé un droit réellement accessible partout, pour tous.
La santé ne peut devenir un privilège lié au revenu ou au territoire.
Souveraineté & Progrès fera de l'accès aux soins une garantie réelle
et préparera durablement les besoins de demain plutôt que de gérer les pénuries dans l’urgence.
La droit de se soigner doit redevenir une promesse républicaine concrète,
partout et pour tous.