SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
RÉFORME JUDICIAIRE ET PÉNITENTIAIRE
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
RÉFORME JUDICIAIRE ET PÉNITENTIAIRE
UNE JUSTICE EFFICACE
La Justice ne vaut pas seulement par les lois qu'elle applique. Elle se juge à ce qu'elle devient quand un citoyen doit réellement saisir un tribunal, quand une victime attend une décision, quand une peine prononcée doit être exécutée. C'est là, et nulle part ailleurs, que se joue la crédibilité d'un État de droit : une justice qui promet sans tenir n'est plus une justice, c'est une fiction administrative.
Or la France cumule aujourd'hui plusieurs fragilités, et elles ne sont pas de simples anomalies statistiques : elles sont vécues, chaque jour, par les justiciables. Des procédures s'étirent, coûtent, découragent. Les greffes et les juridictions travaillent sous une tension qui use les personnels autant qu'elle épuise la patience des justiciables. L'aide juridictionnelle, censée garantir l'égalité devant la loi, laisse une partie des classes moyennes sans recours réel : trop aisées pour en bénéficier, trop modestes pour se défendre seules. Dans le même temps, 88 654 personnes étaient détenues au 1er mai 2026 pour seulement 63 322 places opérationnelles, soit une densité carcérale nationale de 140 %, qui dépassait 170 % dans les maisons d'arrêt. Derrière ce chiffre, ce ne sont pas des cellules qu'on surpeuple : ce sont des êtres humains qu'on entasse, dans des conditions qui ne préparent ni l'ordre ni le retour à la société.
Face à cela, céder à la tentation d'une réponse unique serait une faute politique autant qu'une erreur technique. Bâtir de nouvelles prisons sans repenser l'exécution des peines ne ferait que déplacer la saturation, un peu plus loin, un peu plus tard. Développer les alternatives à l'incarcération sans donner aux personnels les moyens de les faire respecter viderait la sanction de toute autorité. Durcir les peines contre les violences sans renforcer les juridictions ni l'administration pénitentiaire relèverait de la posture, pas de la justice. Un discours pour l'opinion, pas une politique pour les victimes.
Souveraineté & Progrès refuse cette facilité et veut traiter la Justice comme une chaîne complète, où chaque maillon conditionne le suivant : à quoi bon un tribunal efficace si le citoyen renonce avant d'y accéder, à quoi bon une sanction juste si la peine n'est jamais exécutée ? Le citoyen doit pouvoir la saisir sans que le coût ou la lenteur ne deviennent un renoncement. Le tribunal doit disposer des moyens humains et matériels pour décider dans des délais dignes de ce nom. La sanction doit correspondre à la gravité réelle du préjudice, et non à une grille abstraite déconnectée du vécu des victimes. Et la peine, une fois prononcée, doit être exécutée. Car une peine qui n'est pas exécutée n'est pas une clémence, c'est un mensonge fait à la victime et un encouragement fait au coupable.
Cette réforme assume une hiérarchie claire : la personne avant le bien. Le vol, la fraude, les dégradations doivent être sanctionnés et réparés. La propriété d'autrui n'est pas négociable. Mais les violences physiques, psychologiques ou sexuelles atteignent autre chose : l'intégrité même de la personne, ce qui ne se répare jamais tout à fait. C'est pourquoi SP veut réserver l'incarcération, en priorité, aux auteurs violents, dangereux ou récidivistes, et faire vivre pleinement, pour les autres infractions, la restitution, le travail d'intérêt général et les restrictions de liberté contrôlées. Ce n'est pas de l'indulgence mais c'est faire de la prison une réponse à la hauteur du mal commis, plutôt qu'un réflexe uniforme.
Enfin, préparer la sortie d'un condamné qui retournera un jour dans la société n'est pas un signe de faiblesse — c'est un acte de responsabilité envers ceux qui n'ont pas encore été victimes. Une réinsertion réussie n'est pas une faveur faite au condamné : c'est une agression évitée, un foyer épargné, une victime qui n'existera jamais.
L'ambition de SP tient en trois mots : une Justice accessible, une sanction cohérente, une peine certaine.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ RENDRE LA JUSTICE ACCESSIBLE ET PLUS EFFICACE
FAIRE DU SAUJ LA PORTE D’ENTRÉE UNIQUE DE LA JUSTICE
Le citoyen n’aura plus à connaître l’organisation des juridictions avant de pouvoir défendre ses droits. Le Service d’Accueil Unique du Justiciable recevra la demande, l’enregistrera et assurera son orientation vers la juridiction compétente, y compris vers la Justice administrative. Les 164 tribunaux judiciaires et 125 tribunaux de proximité seront maintenus, tandis que les audiences foraines et les Maisons France Services faciliteront l’accès dans les territoires ruraux, isolés ou ultramarins.
RENFORCER LES EFFECTIFS JUDICIAIRES
SP ajoutera 4 100 renforts fonctionnels après la programmation déjà engagée : 700 magistrats, 1 800 greffiers, 1 000 personnels pour les SAUJ, attachés et fonctions de soutien ainsi que 600 médiateurs professionnels. En tenant compte des mobilités internes, cela représente environ 3 700 créations nettes d’emplois publics, pleinement opérationnelles en 5 ans. L’objectif est notamment de réduire d’au moins 25 % les délais dans les contentieux ordinaires les plus encombrés.
CRÉER UN CORPS DE MÉDIATION JUDICIAIRE
Les quelque 2 700 conciliateurs bénévoles existants seront maintenus et complétés par 600 médiateurs professionnels. Le réseau atteindra ainsi environ 3 300 conciliateurs et médiateurs, avec une capacité de 250 000 à 300 000 dossiers par an. La médiation restera exclue en cas de violences, de danger ou lorsqu’une décision du juge est indispensable. Son rôle est de résoudre rapidement ce qui peut l’être, pas de bloquer l’accès au tribunal.
ÉLARGIR L’AIDE JURIDICTIONNELLE AUX CLASSES MOYENNES
SP conservera l’aide juridictionnelle mais étendra fortement son barème. Pour une personne seule, la prise en charge atteindra 100 % jusqu’à 1 500 euros mensuels, puis 80 %, 50 % et 30 % jusqu’à 3 000 euros. Un Prêt Judiciaire à Taux Zéro pouvant atteindre 10 000 euros par procédure permettra ensuite de financer la continuité d’une affaire lorsque l’aide directe ne suffit plus. La dépense totale d’aide juridictionnelle atteindrait environ 1,1 milliard d’euros par an dans le scénario central, contre environ 700 millions aujourd’hui.
→ RÉAFFIRMER LE SENS ET L’EFFECTIVITÉ DE LA PEINE
SP modifiera la hiérarchie pénale afin que les atteintes volontaires à l’intégrité physique, psychologique ou sexuelle soient sanctionnées plus sévèrement que les atteintes purement patrimoniales. Les violences volontaires aujourd’hui susceptibles de rester contraventionnelles deviendront des délits pouvant atteindre 5 ans d’emprisonnement, tandis que les violences entraînant plus de huit jours d’ITT pourront atteindre 7 ans. Pour les infractions patrimoniales sans violence, la restitution, la confiscation, le TIG ou la surveillance électronique seront davantage privilégiés lorsque ces sanctions permettent de réparer le préjudice et de contraindre réellement le condamné sans imposer nécessairement une peine de prison.
FAIRE EXÉCUTER RAPIDEMENT LES PEINES PRONONCÉES
Une condamnation ne doit pas rester plusieurs mois sans conséquence réelle. SP fixe l’objectif que 90 à 95 % des peines exécutoires soient mises à exécution, aménagées ou orientées dans un délai maximal de 90 jours. Le juge conserve l’individualisation de la peine, mais l’administration doit disposer des moyens nécessaires pour que la décision produise rapidement ses effets.
FAIRE DES PEINES HORS PRISON DE VRAIES SANCTIONS
La détention à domicile sous surveillance électronique, le TIG, la restitution et la probation seront renforcés pour les condamnés qui ne présentent pas une dangerosité justifiant l’incarcération. Le parc de DDSE passera d’environ 18 500 mesures à environ 25 000, dont une partie sous régime renforcé. Les violations graves ou répétées pourront entraîner la révocation de la mesure et l’incarcération sans délai.
→ REPRENDRE LE CONTRÔLE DU SYSTÈME PÉNITENTIAIRE
CRÉER 15 000 PLACES NETTES ET MIEUX SÉPARER LES PROFILS
SP veut atteindre 15 000 places pénitentiaires opérationnelles nettes supplémentaires par rapport au parc constaté au début du mandat, sans compter deux fois les opérations déjà engagées. Les nouveaux établissements seront différenciés selon le niveau de risque et permettront de mieux séparer criminels organisés, terroristes, auteurs de violences sexuelles graves, détenus vulnérables et jeunes majeurs. L’objectif est de ramener progressivement la densité carcérale sous 110 % en 7 ans puis vers 100–105 % à l'horizon 10 ans.
Téléphones, stupéfiants, projections, drones et communications clandestines seront traités comme une question de sécurité pénitentiaire à part entière. Une première vague concernera 60 à 80 établissements prioritaires avant une extension jusqu’à 120 à 140 prisons selon les risques. Scanners, contrôle des colis, dispositifs anti-projection, détection des drones et brouillage ciblé seront complétés par un renforcement du renseignement pénitentiaire.
EXPÉRIMENTER DES MAISONS RÉPUBLICAINES DE REDRESSEMENT
Trois établissements pilotes de 250 places chacun accueilleront certains condamnés volontaires de 18 à 25 ans dont le profil permet encore un travail intensif de réinsertion. Discipline, travail, formation professionnelle, remise à niveau, activité physique et préparation de la sortie structureront la détention. Un parcours réussi pourra donner droit à une réduction de peine de 10 à 30 %, sous contrôle du juge. Aucun développement au-delà des 750 premières places ne sera décidé avant une évaluation indépendante de la récidive et de l’insertion.
RENFORCER LA PROBATION ET PRÉPARER LA SORTIE
Une politique pénale utilisant davantage les bracelets et les sanctions hors les murs ne peut fonctionner sans contrôle. SP recrutera 600 conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation supplémentaires et 150 spécialistes de la surveillance électronique. En détention, le travail, la formation, les soins et la préparation du logement ou de l’emploi avant la sortie deviendront davantage partie intégrante de l’exécution de la peine.
TRANSFÉRER DAVANTAGE LES CONDAMNÉS ÉTRANGERS
La France continuera de juger les infractions commises sur son territoire, mais l’exécution d’une peine pourra être poursuivie dans l’État de nationalité du condamné lorsque les conventions applicables le permettent. SP examinera prioritairement 6 000 à 8 000 dossiers et vise 3 500 à 5 000 transfèrements cumulés en 7 ans, avec un effet recherché de l’ordre de 3 000 à 4 000 places nettes libérées. Aucun transfert ne sera réalisé vers un État présentant un risque réel de torture ou de traitement inhumain.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
4.100
NOUVEAUX RENFORTS
POUR LA JUSTICE
EN 5 ANS
90
JOURS
POUR COMMENCER
À APPLIQUER UNE PEINE
15.000
PLACES PÉNITENTIAIRES
NETTES SUPPLÉMENTAIRES
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LA RÉFORME JUDICIAIRE ET PÉNITENTIAIRE
≈ 1,75 milliards d'euros de dépenses annuelles supplémentaires à régime stabilisé.
La réforme judiciaire et pénitentiaire représente à terme environ 1,75 milliard d’euros supplémentaires par an dans son scénario central. À cela s’ajoutent environ 1,35 milliard d’euros d’investissements déjà identifiés, tandis que le coût supplémentaire nécessaire pour atteindre les 15 000 nouvelles places nettes sera fixé après audit des chantiers et engagements déjà existants afin d’éviter toute redondance budgétaire.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
MAISONS RÉPUBLICAINES DE REDRESSEMENT
Une peine longue n’est pas nécessairement une peine efficace. Pour certains jeunes condamnés, plusieurs années de détention classique peuvent conduire à une rupture avec l’emploi et la famille, à l’absence de qualification et parfois à une fréquentation accrue des réseaux criminels. Lorsqu’un condamné devra de toute façon retrouver la liberté quelques années plus tard, la question n’est donc pas seulement de savoir combien de temps il restera enfermé, mais dans quel état il sortira de prison.
Souveraineté & Progrès créera pour cela les Maisons Républicaines de Redressement. Il ne s’agit ni de stages citoyens, ni de centres éducatifs, ni de casernes. Les MRR sont de véritables établissements pénitentiaires fermés placés sous l’autorité du ministère de la Justice et de l’administration pénitentiaire. Elles s’adressent exclusivement à certains jeunes majeurs de 18 à 25 ans, volontaires et dont la personnalité comme la dangerosité permettent encore d’envisager un parcours intensif de réintégration.
Les auteurs d’homicides volontaires, de viols, de terrorisme, de tortures ou actes de barbarie et des crimes sexuels les plus graves contre des mineurs en sont exclus. L’orientation n’est donc ni automatique ni réservée uniquement aux primo-délinquants : elle dépend de la nature des faits, du parcours du condamné, de son comportement et de l’évaluation de sa capacité à respecter le programme.
À son entrée, le condamné signe un Pacte de Redressement Républicain. Le volontariat porte sur l’entrée dans le dispositif ; une fois admis, le programme devient obligatoire. La journée est organisée du matin au soir autour du travail, de la formation professionnelle, de la remise à niveau scolaire, de l’activité physique, de l’apprentissage de la discipline, du civisme et de la préparation de la sortie. Les périodes d’inactivité sont volontairement réduites au minimum.
Les militaires participeront à certains volets de formation et d’encadrement : ponctualité, effort physique, cohésion, maîtrise de soi, secourisme ou civisme. Ils ne disposeront cependant d’aucun pouvoir pénitentiaire ou judiciaire. La surveillance, les fouilles, la discipline et la sécurité resteront entièrement exercées par l’administration pénitentiaire. Aucun apprentissage du maniement des armes ou des techniques de combat ne sera dispensé.
La contrepartie de cette exigence est assumée : un condamné qui accomplit réellement son parcours pourra obtenir une réduction de peine comprise entre 10 et 30 %. Elle dépendra de son assiduité, de son comportement, des compétences acquises, de sa progression et de l’existence d’un projet de sortie crédible. La décision finale appartiendra au juge de l’application des peines. Une violence grave, un refus répété du programme ou une tentative d’évasion pourront au contraire faire perdre tout ou partie du bénéfice obtenu et entraîner un retour en détention classique et alourdie.
SP commencera volontairement à petite échelle : trois MRR de 250 places, soit 750 places à T+3. Chaque établissement sera conçu comme une prison modulable pouvant être reconvertie si l’expérimentation échoue. La première phase représente environ 150 à 180 millions d’euros d’investissement et 36 à 42 millions d’euros de fonctionnement annuel une fois les trois sites ouverts. Surtout, aucune extension automatique n’est prévue. Pendant deux à trois ans, les jeunes sortis des MRR seront comparés à des condamnés de profil similaire ayant connu une détention classique. L’évaluation portera notamment sur la récidive, l’accès à l’emploi ou à la formation, les incidents disciplinaires, l’achèvement du programme et son coût. Le réseau ne passera à dix établissements ou davantage que si les résultats démontrent réellement une meilleure réinsertion et une baisse de la récidive.
La logique des MRR est donc différente d’une simple remise de peine. La République échange une partie de la durée d’enfermement contre davantage de travail, davantage de discipline, davantage de formation et une obligation concrète de préparer l’après-prison.
Une peine plus courte peut être plus ferme lorsqu’elle exige beaucoup plus du condamné et réduit réellement la probabilité qu’il recommence.
Rendre la Justice plus accessible, plus efficace et plus ferme face aux atteintes les plus graves.
La Justice doit protéger, décider et faire appliquer ses décisions.
SP renforce donc les tribunaux, garantit l’accès au juge et remet de la cohérence dans les peines.
Les auteurs les plus dangereux seront davantage neutralisés, les sanctions alternatives seront réellement contrôlées
et la prison retrouvera sa fonction essentielle :
protéger la société tout en préparant, lorsque c’est possible, une sortie qui évite la récidive.