SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
SOUVERAINETÉ & PROGRÈS
RECHERCHE SCIENTIFIQUE
INVESTIR DANS LA RECHERCHE
La recherche scientifique conditionne une grande partie de ce que la France sera capable de faire demain. Une technologie énergétique, un traitement médical, une nouvelle génération de satellites ou une avancée agricole peuvent demander des années de travail avant de produire leurs premiers effets.
La France conserve des chercheurs reconnus, de grands organismes scientifiques, des universités et des laboratoires de haut niveau. Mais la recherche manque encore de continuité. Une partie des équipes dépend trop fortement des appels à projets, les procédures administratives prennent du temps et certaines découvertes développées en France peinent ensuite à être protégées ou transformées en capacités industrielles françaises.
Souveraineté & Progrès veut remettre le temps long au cœur de la politique scientifique. Un Livre blanc national de la recherche et des sciences, renouvelé tous les cinq ans, permettra d’identifier les forces, les faiblesses et les dépendances scientifiques du pays. Une loi de programmation donnera ensuite aux laboratoires et aux grands programmes une visibilité sur dix ans.ette planification ne donnera pas à l’État le pouvoir de décider ce que les chercheurs doivent découvrir. La puissance publique pourra choisir les domaines dans lesquels elle investit davantage. Elle ne pourra jamais imposer un résultat scientifique ni empêcher une équipe de conclure qu’une hypothèse était fausse.
La recherche fondamentale conservera donc son financement et sa liberté. En parallèle, la France consacrera 100 milliards d’euros supplémentaires sur dix ans aux domaines qu’elle considère comme essentiels. Ce programme, appelé RECH1000, rendra à notre pays son autonomie scientifique et technologique.
La France doit pouvoir choisir les connaissances qu’elle veut développer sans prétendre décider à l’avance de ce que la science découvrira.
LES ENGAGEMENTS DE SP
→ DONNER DU TEMPS ET DES MOYENS À LA RECHERCHE
RECH1000 constituera une programmation scientifique de 100 milliards d’euros supplémentaires sur dix ans. Il financera des laboratoires, des équipes, des équipements, des infrastructures scientifiques, des prototypes et la maturation des technologies. Il ne financera pas la production industrielle de masse, qui relève d’autres politiques publiques. Au moins 70 % de l’enveloppe devra rester consacrée à la recherche et aux capacités scientifiques. La maturation avancée et les premières étapes précédant l’industrialisation ne pourront représenter plus de 30 %.
GARANTIR LE FINANCEMENT DES LABORATOIRES
La recherche publique reposera sur trois niveaux distincts. Les crédits récurrents garantiront le fonctionnement normal des laboratoires et permettront notamment à la recherche fondamentale de travailler dans la durée. L’Agence nationale de la recherche continuera à financer des projets sélectionnés sur leur qualité scientifique. Enfin, RECH1000 apportera un effort supplémentaire sur les domaines dans lesquels la France veut construire une capacité scientifique stratégique. Un laboratoire participant à RECH1000 ne perdra donc pas automatiquement son financement ordinaire.
RENDRE DU TEMPS AUX CHERCHEURS
SP ne fusionnera pas artificiellement le CNRS, le CEA, l’INSERM, l’INRAE, l’INRIA, le CNES, les universités ou les autres organismes scientifiques. La réforme portera d’abord sur leur environnement administratif. Dans les unités relevant de plusieurs établissements, une administration principale pourra assurer la gestion courante pour les autres tutelles. Les mêmes informations n’auront plus à être saisies plusieurs fois et les directeurs de laboratoire disposeront de davantage d’autonomie sur les dépenses scientifiques ordinaires. Les contrôles resteront renforcés pour les équipements coûteux, les matières dangereuses, les données sensibles ou les recherches soumises à des exigences particulières. La simplification doit réduire les procédures inutiles sans réduire le contrôle scientifique ou financier.
MIEUX UTILISER LES ÉQUIPEMENTS SCIENTIFIQUES
Les grandes infrastructures seront désormais financées sur l’ensemble de leur durée de vie. Lorsqu’un équipement lourd est construit, son coût devra intégrer dès le départ la maintenance, l’énergie, les personnels, les mises à niveau et son futur renouvellement. Des plateformes communes pourront également être développées entre laboratoires lorsqu’un même équipement très coûteux peut réellement être partagé. La mutualisation restera un choix scientifique. Elle ne deviendra pas une obligation comptable imposée aux laboratoires.
→ CONSTRUIRE UNE STRATÉGIE SCIENTIFIQUE NATIONALE
PLANIFIER LA RECHERCHE SUR DIX ANS
Tous les cinq ans, un Livre blanc national de la recherche et des sciences dressera l’état des disciplines, des équipements, des compétences et des dépendances technologiques françaises. À partir de ce diagnostic, une loi de programmation fixera une trajectoire de financement sur 10 ans. Elle pourra être revue à mi-parcours pour tenir compte des découvertes, des échecs ou de l'apparition de nouvelles technologies stratégiques. L’objectif est de sortir d’une politique scientifique reconstruite presque entièrement à chaque budget annuel.
ORGANISER LA STRATÉGIE SANS ADMINISTRER LA SCIENCE
SP réunira le pilotage politique de la recherche au sein d’un ministère chargé de la recherche, de l’innovation, du numérique et de l’enseignement supérieur. Un Comité stratégique national de la recherche et de l’innovation réunira organismes scientifiques, universités et experts afin d’identifier les technologies critiques et les besoins scientifiques du pays. Il proposera les priorités. Les laboratoires conduiront les travaux. Les décisions d’investissement resteront séparées de l’évaluation scientifique. Cette organisation doit permettre à la France de planifier des capacités sans transformer les scientifiques en exécutants d’une politique gouvernementale.
CINQ GRANDS PROGRAMMES CIVILS
80 milliards d’euros de RECH1000 seront consacrés à cinq grands ensembles civils :
PHARES / 38 Md€ / Recherche énergétique : nucléaire avancé, stockage, réseaux, hydrogène industriel et technologies marines.
TELLUS / 14 Md€ / Agriculture et sciences du vivant : sols, eau, semences, biocontrôle, robotique et adaptation climatique.
NEO / 10 Md€ / Mobilités : ferroviaire, motorisations, batteries, transports lourds et aéronautique.
COSMOS / 8 Md€ / Spatial civil : lanceurs, satellites, électronique, capteurs et technologies orbitales.
GENESE / 10 Md€ / Santé : biotechnologies, biomédicaments, dispositifs médicaux, robotique et intelligence artificielle médicale.
PRÉPARER LES TECHNOLOGIES DE SOUVERAINETÉ
20 milliards d’euros financeront la recherche régalienne et les technologies duales : matériaux, propulsion, cryptographie, électronique, intelligence artificielle, capteurs, communications ou traitement du signal. RECH1000 financera uniquement la recherche et la maturation technologique. Les avions, satellites, équipements militaires ou systèmes opérationnels resteront financés par les budgets de la Défense, de la sécurité ou du renseignement. Cette séparation évite de compter deux fois la même dépense et empêche RECH1000 de devenir un budget militaire parallèle.
→ RECONSTRUIRE LE VIVIER SCIENTIFIQUE FRANÇAIS
FORMER LES COMPÉTENCES DONT LA FRANCE AURA BESOIN
Un programme scientifique ne peut fonctionner sans chercheurs, ingénieurs, techniciens et personnels de laboratoire. Les besoins de RECH1000 serviront donc à anticiper les formations nécessaires dans les sciences fondamentales, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le nucléaire, les biotechnologies, le spatial, les matériaux, la robotique, l’agronomie ou les technologies quantiques. Les politiques de formation resteront néanmoins distinctes du budget de recherche : RECH1000 identifiera les besoins scientifiques, tandis que les dispositifs de formation financeront l’accès aux cursus correspondants.
Lorsqu’un doctorant participe directement à un programme de recherche, il pourra être financé par RECH1000. Le doctorat sera considéré comme une véritable entrée dans la recherche : un contrat, une rémunération et des conditions de travail correspondant à une activité scientifique réelle. La programmation sur dix ans doit également permettre de réduire le recours à des successions de contrats très courts lorsque le besoin scientifique est durable. Les entreprises ou laboratoires bénéficieront d'une exonération totale de cotisations patronales pour les jeunes chercheurs.
CRÉER OU CONSOLIDER 120 000 EMPLOIS SCIENTIFIQUES
La montée en puissance de RECH1000 vise à créer ou consolider environ 120 000 emplois scientifiques en dix ans. Ce chiffre ne signifie pas 120 000 nouveaux chercheurs fonctionnaires. Il comprend les chercheurs, ingénieurs, techniciens, personnels de plateformes, spécialistes du numérique et autres métiers directement nécessaires à l’effort scientifique. La cible sera réévaluée après cinq ans selon les recrutements réellement possibles et les besoins constatés.
→ PROTÉGER LES DÉCOUVERTES ET LES TRANSFORMER EN CAPACITÉS FRANÇAISES
CRÉER UN SERVICE PUBLIC DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE STRATÉGIQUE
SP créera une Agence des Brevets de l’Innovation (ABRI). Elle accompagnera les découvertes issues de la recherche publique ou de financements stratégiques lorsqu’une protection intellectuelle est nécessaire. L’agence pourra aider à déposer un brevet, organiser une licence, rechercher un industriel ou sécuriser un transfert technologique. Elle pourra également empêcher la cession d’une technologie critique lorsqu’elle ferait perdre à la France une capacité stratégique. Elle ne deviendra ni propriétaire de toutes les inventions françaises ni financeur des usines chargées de les produire.
FAIRE PASSER LES DÉCOUVERTES DU LABORATOIRE À LA PRODUCTION
Lorsqu’une innovation pourra être industrialisée, l’ABRI recherchera le mode de valorisation le plus adapté : licence à une entreprise existante, licences accordées à plusieurs acteurs, création d’une entreprise issue du laboratoire ou soutien à un projet industriel stratégique. Le choix ne reposera pas uniquement sur le prix proposé. La capacité à produire en France et à conserver la maîtrise technologique fera partie des critères. Si une technologie nécessite ensuite une usine ou une ligne de production, les instruments industriels prendront le relais. La recherche finance la découverte. La politique industrielle finance le passage à l’échelle.
→ LES CHIFFRES CLÉS DES ENGAGEMENTS DE SP
120.000
EMPLOIS SCIENTIFIQUES
CRÉÉS OU CONSOLIDÉS
EN 10 ANS
5
GRANDS PROGRAMMES CIVILS
DE RECHERCHE
POUR LES PRIORITÉS NATIONALES
65%
DES BREVETS ISSUS
DES FINANCEMENTS CONCERNÉS
EXPLOITÉS EN FRANCE
→ LE CHIFFRAGE BUDGÉTAIRE POUR LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
100 milliards d'euros supplémentaires pour la recherche en 10 ans.
RECH1000 constitue un effort supplémentaire : ces crédits ne remplacent pas le financement ordinaire des universités, des organismes et des laboratoires. La montée en puissance sera progressive. Environ 30 à 35 milliards d’euros doivent être investis dans les trois premières années, puis 50 à 55 milliards au bout de cinq ans avant d’atteindre 100 milliards sur l’ensemble de la décennie. L’objectif n’est pas de dépenser exactement 10 milliards chaque année, mais d’adapter les crédits à la capacité réelle des laboratoires et à l’avancement des programmes.
Sur les 100 milliards, 80 milliards seront consacrés aux grands programmes civils et 20 milliards à la recherche régalienne et aux technologies duales.
Découvrez le dossier technique
de cette thématique pour consulter le détail de chaque mesure,
le calendrier et la trajectoire budgétaire.
FOCUS SUR UN ENGAGEMENT DE SP
L'ABRI
La France finance chaque année des chercheurs, des laboratoires et des équipements capables de produire des découvertes majeures. Mais une invention n’est pas automatiquement une capacité industrielle. Une technologie peut être mal protégée, rester inutilisée pendant des années ou être exploitée à l’étranger faute d’avoir trouvé en France l’entreprise capable de la développer.
Souveraineté & Progrès créera donc une Agence des Brevets de l’Innovation, l’ABRI. Son rôle commencera lorsqu’une invention financée ou cofinancée par la puissance publique présentera un intérêt technologique ou stratégique. L’équipe de recherche pourra recevoir un accompagnement juridique pour déterminer si un brevet est nécessaire, organiser son dépôt en France et à l’étranger et préparer la stratégie de valorisation.
L’ABRI pourra également prendre en charge les frais de protection lorsqu’une invention entre dans son périmètre. Un laboratoire ne devra plus renoncer à défendre une technologie uniquement parce qu’il ne possède pas les moyens juridiques nécessaires.
Tout résultat scientifique ne devra cependant pas devenir un brevet. Une publication ouverte, un logiciel libre ou une licence accessible à plusieurs entreprises pourront être préférables lorsqu’ils permettent une meilleure diffusion de la connaissance. À l’inverse, une technologie nucléaire, cryptographique, militaire ou industrielle critique pourra nécessiter une protection renforcée.
Lorsqu’une invention sera suffisamment mature, l’ABRI recherchera ensuite son débouché. Une technologie pourra être confiée à une entreprise française, partagée entre plusieurs industriels ou servir à créer une nouvelle entreprise issue du laboratoire. Une licence étrangère restera possible lorsque celle-ci sert les intérêts français. Elle pourra en revanche être refusée si elle conduit la France à perdre une technologie essentielle ou empêche son industrialisation nationale.
La protection ne devra pas non plus devenir une rente. Après trois ans sans exploitation effective, un brevet relevant de l’agence pourra être réexaminé. Une nouvelle entreprise pourra être recherchée, une licence exclusive pourra être ouverte à plusieurs acteurs ou la protection pourra être abandonnée lorsque son maintien ne présente plus d'intérêt.
La création de l'agence représente un investissement initial d’environ 350 millions d’euros. Son fonctionnement est estimé à 250 millions d’euros par an une fois le dispositif installé, avec une partie croissante pouvant être financée par les licences et les revenus issus de la valorisation. L’objectif fixé est qu’en dix ans plus de 65 % des brevets issus des financements concernés soient effectivement exploités en France.
L’ABRI ne cherchera donc pas à accumuler des brevets mais à empêcher qu’une découverte financée en France devienne une dépendance française.
Un investissement massif dans la recherche pour préparer la souveraineté de demain.
La recherche demande du temps.
Souveraineté & Progrès veut donner à la France une vision scientifique de long terme,
sans dicter aux chercheurs ce qu’ils doivent trouver.
Une nation qui protège ses découvertes et conserve ses compétences scientifiques assure sa liberté à long terme.